A PARIS EN
qu'elle n'admet pas la prescription pour le mal ; d'ailleurs le procès est instruit, il faut que toutes les pièces passent sous les yeux du jury, et, avec Pline le Jeune, nous lui dirons : a La patience du juge est une grande partie de la justice. »
Nous ne copierons pas le Journal de Lehault, nous y renverrons le lecteur; il pourra voir qu'en 1654, un séjour de six cent douze soldats ou officiers, pendant cinq mois et demi, coule à Marie 94,686 livres, sans compter les ruines; encore les habitants sont-ils heureux de trouver les deux sols de pain de munition qu'on envoyait au soldat et qu'ils vendaient, ne voulant pas le manger. Notre pauvre notaire en vient, de douleur, presque à blasphémer Dieu, à douter de sa justice; si les Français du quinzième siècle disaient, avant l'arrivée de Jeanne Darc, que Dieu était devenu « Anglais, » les pauvres paysans du dix-septième siècle pourraient bien l'accuser d'être « frondeur. » Nous renverrons également notre lecteur à la brochure que nous lui avons signalée tant de fois, le Diocèse de Laon pendant la Fronde, par M. Ed. Fleury, pour y lire toutes les navrantes enquêtes auxquelles on se livre; il y trouvera une nouvelle déclaration du bailliage de Ribemont, à la date du 12 novembre 1635, signée des officiers, avocats, procureurs, greffiers et sergents, certifiant unanimement que l'exercice de la justice est aussi impossible qu'en 1650; une enquête de 1656, par César d'Estrées, évoque de Laon, apprend que, dans plus de cent vingt paroisses, les curés ont été contraints de se retirer dans les villes, t n'ayant plus de paroissiens ni de quoi vivre. » La « ruine et le désert » se trouvent partout; les rentiers ne touchent plus aucun revenu; la cathédrale de Laon ne reçoit plus au-