DERNIÈRE INTERVENTION CHARITABLE
(le Giieichi, que les vicaires généraux de Paris vinrent se plaindre à M. le premier président que, depuis un an, six cents femmes, de compte fait, se sont confessées d'avoir tué et étouffé leur fruit, et qu'ils y ont particulièrement pris garde sur l'avis qu'on leur avait donné. On fut obligé de publier à ce sujet des monitoires dans toutes les paroisses*.»
A la vue de celte misère renaissante, que faisait saint Vincent de Paul ? Ce vieillard de 83 ans, âge de l'égoïsme, de l'amour du repos, croit-il que ses jours sont suffisamment remplis et qu'à son tour il peut goûter le calme? Non. Sa charité active va encore intervenir.
En décembre 1655, par suite du refroidissement général de la charité, les Relations, cette publication dolente et monotone, ont dû cesser ; on ne les revoit plus, mais on voit reparaître une seconde édition de V Aumône chrétienne, « motivée, dit la préface, sur les circonstances*. » C'était donc une demande tout à la fois timide et pressante de toute l'autorité des grands docteurs de l'Église qui, par leur insistance, font presque un précepte, un dogme du conseil évangélique. Avec quelle chaleur, quel feu ne doit-il pas solliciter la bienfaisance des Dames de Charité? Trop tôt, hélas! dans la dernière assemblée générale de charité (4d juillet 1657), Vincent,
1. Mademoiselle de Guerchi avait été séduite par le duc de Vitry,elle se fit avorter et mourut des suites de cette opération; le curé de Saint- Eustache refusant de lui donner la sépulture, on porta son corps dans l'hôtel de Condé et on le mit dans la chaux vive, afin de le consumer plus tôt et qu'on ne pût constater le crime si on en venait à une vi.-ite. La sage-femme Constantin, complice d« cette faute, fut condamnée à être pendue et étranglée après avoir subi la que>tion, et fut exécutée k la croix du Trahoir. Le poëte Henaull fit sur cette triste affaire le sonnet connu sous le nom de l'Avorton.
S. La bibliothèque Sainte-GenevièTe possède ces deux éditions.