BIOGRAPHIE
ainsi appelée de son auteur Lorenzo Tonli, sorte de banquier ou d'aventurier napolitain : il était venu en France pour y faire fortune , comme tant de donneurs d'avis auprès de son compatriote Mazarin.
II semble avoir présenté son plan à Mazarin vers 1648; les événements paraissent seuls avoir empêché qu'il le mît à exécution, tant le ministre fut favorable à ses idées. Mazarin s'en exagérait môme les avantages pour l'État; il y entrevoyait des millions à gagner et appelait le projet < une minière d'or, un trésor caché dans le royaume ; » aussi accorda-t-il à l'auteur une pension de 6,000 livres, qui lui fut payée depuis 1649 jusqu'en 1660 assez exactement, autant que le comportait la triste situation des finances. Après la mort de Mazarin, Tonli ne reçut que de faibles à-compte; dès lors, ses lettres à Colbertsont remplies de doléances sur la gêne dans laquelle il vit avec une famille de dix-sept ou dix-neuf personnes. Il y avoue une misère profonde, exprime la crainte d'être incarcéré par ses créanciers et implore la pitié du roi et du ministre, conjurant Colbert, au nom de Mazarin, leur mutuel protecteur, de venir à son secours. Ces plaintes sont surtout très-énergiqueraent exprimées dans les années 1663, 1664, 1665, c'est-à-dire dans le temps môme que des édits royaux confirmaient la tontine comme une institution d'État : t II a fait, dit-il (19 janvier 1663), beaucoup de frais pour l'avancement et l'établissement de la tontine, relardée à cause de la chambre de justice, » et il réclame la pension qu'on lui faisait pour les grands services rendus tant au dedans qu'au dehors du royaume. » Il y demande aussi que madame Colbert et la reine s'intéressent à ses filles, « grandes et bien faites, » et qu'elles soient admises dans