POUR LA TONTINE
de l'enregistrer. La deuxième opération fut présentée au public trois ans après (1G56) sous le nom de banque royale: elle fut enregistrée, en vertu de leltres-patentes du roi, et eut un commencement d'exécution; mais, soit défiance du peu de solidité qu'offrait l'Étal qui avait dans la période précédente si souvent manqué à ses engagements, soit par suite' de la pauvreté générale, soit parce que, à cette époque, les Français en général étaient peu habitués à risquer leurs fonds dans des spéculations de hasard , soit pour les trois causes réunies, le public ne soutint pas l'entreprise et mit peu d'empressement à entrer dans l'association de la Tontine. Alors l'opération fut présentée comme tontine ecclésiastique, pour éteindre la dette du clergé, et n'eut pas plus de succès. Une lettre de Tonti du 1*' mars 1663, adressée à Colbert, montre que le contrôleur général a fait sceller un nouvel éditde tontine, et l'auteur espère que l'affaire sera bientôt établie et que le roi en retirera de grands avantages. Le 19 octobre de la même année, Tonti nous fait voir que l'opinion du trésor continue d'être favorable au projet, malgré le peu de succès, puisque « S. M. a fait défense à l'inventeur de l'établir à Rome, où, dit-il à Colbert, elle aurait réussi infailliblement au préjudice du roi. » Le il juillet 1664, Tonti demande qu'on profite du remboursement des rentes de l'hôtel de ville pour établir une nouvelle tontine qui offrirait un quart en plus à ceux qui mettraient leurs rentes ou partie de leurs renies dans l'opération, ce qui dispenserait le trésor de payer une grande partie desrenliersque le malheureux Italien suppose devoir être alléchés par un revenu placé ainsi au denier 14 (7, 13 p. 100) avec l'espérance de le voir augmenté tous les ans par la mort de leurs coassociés.