LA RÉGLEMENTATION
tives sur l'exportation et la circulation intérieure par les douanes de province à province, les péages de toute nature sur les routes, les rivières, à l'entrée des villes (le long de la Loire, par exemple, il y avait vingt-huit sortes de péages ou droits). Malgré ces taxes considérables, les marchandises ne jouissaient d'aucune sécurité; nulle force publique n'étant établie pour la surveillance des routes et des chemins, qui, d'ailleurs, étaient dans le plus triste état, et toujours en nombre insuffisant.
La boulangerie et la meunerie n'étaient pas plus libres que le commerce des grains; les entraves auxquelles elles étaient soumises, avaient pour conséquence de produire la cherté, même lorsque les grains étaient assez abondants; ajoutez à celte cause l'imperfection des procédés mécaniques en usage dans la mouture des farines, qui causait des pertes considérables; la cherté des bols de combustion, par suite du mauvais état des routes, des difficultés que présentait le cours des fleuves, embarrassés par des moulins ou des pêcheries privilégiées, et trèsfréquemment sujets aux débordements.
La consommation des céréales était d'autant plus grande à cette époque qu'elle formait presque l'unique base de l'alimentation, la viande n'entrant que pour un faible appoint dans la nourriture. Les bœufs, avant tout, instruments vivants pour le labourage, n'étaient que rarement engraissés pour la boucherie, quoique les pâturages, abondants par le malheur et l'ignorance des temps, eussent pu permettre d'élever un nombreux bétail comme ressource pour les jours mauvais; là encore, comme partout, apiDaraissent les nombreux droits prélevés par la féodi it ou le fisc royal : droit de pâturage, droit pour la poussière soulevée par les troupeaux ; l'agnelage, le bre-