‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 7 sur 503 · L'ART ET LA SOCIÉTÉ · texte numérisé non relu

L'ART ET LA SOCIÉTÉ

Ihéâtral, fastueux, vide, officiel, aligné, mais noblement, savamment ordonné, s'est incarné dans le peintre de Louis XIV, Lebrun, le décorateur du monarque orgueilleux par excellence. Sa roideur devient une heureuse qualité pour peindre toutes ces têtes qui restent immobiles afin de conserver intacte la symétrie de leurs vastes perruques; la grandeur factice des modèles demandait un talent plus apparent que réel, sans vie et sans chaleur. Mais bientôt toute grandeur disparaîtra dans les choses comme dans les hommes; les grands appartements feront place aux boudoirs, la poudre remplacera la majestueuse perruque. Watteau pour la Régence, comme Vanloo et Boucher pour madame de Pompadour et Louis XV, peindront sur les dessus de portes ces licencieuses bergères, qui seraient gracieuses peut-être, si elles ne devenaient pas ridicules à force d'être enrubannées et prétentieuses. Les petites maisons sont décorées de sujets galanls, seuls possibles dans ce monde frivole et corrompu où s'agitent les héros et les héroïnes de Grébillon fils, en môme temps que les mœurs honnêtes et bourgeoises se retrouvent dans les tableaux un peu déclamatoires du sentimental ami de Diderot, le peintre Greuze. Plus tard, au souffle précurseur de 1789, s'éleva David, le représentant de la Révolution et de la République, David, dans les œuvres duquel le souvenir de la Grèce et de Rome tient une si grande place. Les mœurs militaires de l'Empire ont pour interprètes officiels Gros et Gérard, pendant que Géricault traduit à l'usage du peuple cette grandeur impétueuse et cette agonie héroïque dans ses deux célèbres cavaliers, la Charge du chasseur et le Cuirassier blessé.

Si le côté religieux de la première moitié du dix-sep-

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