‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 73 sur 503 · ADMINISTRATION D'ÉMERY · texte numérisé non relu

ADMINISTRATION D'ÉMERY

Une des traditions les plus enracinées de la noblesse était de profiter des minorités pour réagir contre les faits accomplis. « Le roi est mineur, soyons majeurs, » semMait, conime en 1C14, le mot d'ordre de chacune de ces crises, fréquentes dans les monarchies héréditaires; la régence d'Anne offiait une nouvelle occasion. Mais , abaissée par Richelieu, la noblesse n'était plus môme ce qu'elle avait été sous la régence de Marie de Médecis : l'établissement des intendants avait déjà porté ses fruits; aussi son mécontentement avorta-t-il dans la disgrâce des Imporfants, sans pouvoir môme arriver à un nouveau traité de Sainte -Mcnehould. Les fautes du gouvernement allaient rendre à la noblesse ses avantages et lui donner d'utiles alliés.

A un pays, ravagé par de longues et cruelles guerres, sans cesse agité par des dissensions intestines, appauvri par des lois défectueuses , ruiné par une administration rapace et dépensière, il fallait une paix solide qui permît d'extirper toutes ces causes de souffrances; on crut un instant que les victoires de Condé allaient l'emporter de haute lutte, et le calme semblait renaître, lorsque l'orage qui depuis plusieurs années menaçait, éclata tout d'un coup sur la régente et son ministre. Les linances, cet écueil contre lequel se heurtent si souvent et parfois se brisent les gouvernements, compromirent la position de Mazarin, qui paraissait assurée en ce moment par les brillants succès militaires de son général.

Omer Talon, dans ses Mémoires, nous a laissé un tableau ie l'administration d'Emery, qui a méprisant toute sorte 3'ordre dans les finances, payait quinze pour cent dans les meilleures conditions aux financiers... Dans Paris, le luxe était fondé sur ces gros intérêts; les marchands

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