‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 74 sur 503 · ÉDIT DU TOISÉ · texte numérisé non relu

ÉDIT DU TOISÉ

avaient abandonné le trafic pour mettre leur argent dans ces négociations... l'Etat ne subsistait plus que des retranchements qui se faisaient sur les fonctionnaires de tout grade et de toute nature... les gens de guerre n'étaient point payés; les gardes françaises et suisses étaient en arrière de douze montres (paye mensuelle), les Suisses prêts à quitter.. L'armée de Flandre, faute de cent mille livres, perdit l'occasion d'entreprendre quelque chose de grand après la bataille de Lens; celle de Turenne en Allemagne se dispersait; le siège de Crémone fut levé par la même considération. » A bout de retranchements, d'Emery avait trouvé un vieil édit fait au lendemain de la prise de Saint-Quentin (1537), et lorsqu'on pouvait craindre le siège de Paris; on y faisait défense de prolonger les faubourgs au delà de certaines limites sous peine de démolition et d'amende. Cet édit, promulgué en prévision d'un état de choses qui ne s'était jamais réalisé, avait bientôt été oublié, et peu à peu les bourgeois avaient choisi cette banlieue pour leurs maisons de campagne, et les pauvres gens étaient venus s'y bâtir eux-mêmes des huttes en boue. Tout à coup parut l'édit du Toisé : ordre à tous de racheter leurs constructions, à prix d'argent, s'ils ne veulent les voir démolies. Le Parlement, supplié par ces bourgeois et ces pauvres qui demandent à genoux qu'on ne les jette pas à la rue, intervient; de là conflit entre le Conseil du roi et le Parlement. Messieurs des Enquêtes, plus jeunes et, par conséquent, plus ardents dans la défense du droit, moins capables de compromis, tiennent ferme même devant Anne d'Autriche, qui interrompit deux fois leur président Gayant par un impérieux « Taisez-vous, je ne veux pas vous entendre, » et le soir l'envoya en exil avec deux autres membres de

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