‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 75 sur 503 · IMPOTS ALIMENTAIRES · texte numérisé non relu

IMPOTS ALIMENTAIRES

cette chambre et le vieux Barillon à Pignerol, sous la neige et le vent des Alpes*.

Ce commencement d'hostilités était le prélude de la lutte que de part et d'autre on semblait avoir redoutée: au sortir du gouvernement du grand cardinal, le Parlement se trouvait facilement satisfait; aussi, dit de Relz, « les quatre premières années de la régence avaient été emportées par le mouvement de rapidité que Richelieu avait donné à l'aulorité royale. » De son côté, la reine, se souvenant pendant quelque temps que c'était à l'arrêt du Parlement , cassant les dernières volontés de Louis XHI, qu'elle devait son pouvoir, l'avait d'abord ménagé. Un événement peu remarqué vint encore maintenir l'harmonie qui se troublait et enfler les espérances du Parlement : vers la fin de lGi7, le jeune roi tomba dangereusement malade; chacun alors, reine mère, duc d'Orléans, prince de Condé, dans l'espérance d'une nouvelle régence, se mit à caresser ces rogues magistrats que lusage érigeait en tuteurs des rois mineurs.

Mais le besoin d'argent suscita de nouveaux troubles: d'Emery, qui avait cependant certaine habileté en matière de finances, pour sortir des voies battues et désormais impossibles de ventes de charges, d'emprunts forcés, établit un droit d'entrée sur presque toutes les denrées alimentaires. Un pareil impôt jeta les Parisiens dans le parti de l'émeute el rendit possible une nouvelle journée des barricades : la populace dormait engourdie par la misère; la faim la réveilla, et le Parlement, étant parvenu à faire

l.Voir pour tous les diîtails de cette lutte préliminaire de la Fronde, M. de Barante, le Parlement et la Fronde. La marche des événements et le n')le de ce grand corps y sont parfaitement indiqués. Voir aussi le Journal d'Olivier Lefèvre d'Ormesson (1G43-16C0), publié par M. Chéruel dans la Collection des documents inédits.

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