JOURNÉE
lait pas se laisser dépouiller de sa prérogative la plus précieuse, le droit de priver arbitrairement les citoyens de leur liberté. L'opinion publique répondit par une révolution à cet acte de violence. Un écrit de l'époque caractérise bien l'impression générale : « L'emprisonnement de deux conseillers en un jour dédié à la joie publique et à louer Dieu du succès qu'il lui avait plu donner à nos armer, difformité étrange, pour ne pas dire impiété sacrilège, d'avoir mêlé un tel deuil dans une si sainte réjouissance, t
La journée des Barricades a été racontée par madame do Motteville, le cardinal de Retz et le président Mole: ces récits sont connus; mais peut-être par leur position môme ces écrivains n'ont-ils pu bien voir la physionomie de la ville ? Nous avons trouvé à la bibliothèque impériale un manuscrit inédit qui semble émaner d'un témoin beaucoup plus désintéressé que les précédents, le sieur Jacques Dubois, se donnant les titres de « gentilhomme champenois, maître es arts en l'université de Cologne, secrétaire interprète du Roi Très-CIirétien et professeur de langue française, de la germanique et de l'italienne. » La collection des Mémoires de Michaud et Poujoulat renferme déjà de lui un journal sur les derniers jours de Louis XIII, oii il s'est qualifié de gentilhomme de la chambre K Son récit des barricades est, par les détails, le
1. Nous avons envoyé ce récit de Dubois au Comité d'histoire près le ministère de l'instruction publique ; il a été inséré dans la Revue des saciétés savantes (1865, t. 2., p. 324-37). Il y a un autre récit plus curieux paut-être, celui delà Gazette de France. yo\z\cQ(\MG Renaudot écrivaitlc 29 août, trois jours après l'événement : « La rumeur qui survint ici le 20 n'ayant été guère plustôt émue qu'apaisée, je ne puis en dire autre cliose, sinon qu'elle a semblé n'être arrivée que pour faire continuellement et plus que jamais crier Vive le roi, en témoignage de la fulelité et affec lion des peuples envers S, M., » n" 132. Le 2 janvier IC49, la Gazelle