REMÈDES CONTRE LA MISERE
Le tissage des étoffes de coton et de laine, qui se faisait autrefois à la main, dans la chaumière du paysan, était pour lui et sa famille, surtout pendant l'hiver, une excellente ressource et un utile appoint au travail des champs, mais aujourd'hui le tissage se fait presque toujours mécaniquement et dans les villes ; de là encore une des causes les plus actives de la dépopulation des campagnes.
Les soins médicaux sont organisés aussi d'une manière très défectueuse dans les campagnes, et de nombreuses populations sont loin d'avoir les médecins et les pharmaciens qui leur seraient nécessaires.
Il est évident qu'il y a là une grande lacune dont l'Assemblée nationale s'est, du reste, occupée, car dès 1871, elle a nommé, sur la proposition de M. Lestourgie, une commission chargée de faire une enquête parlementaire sur l'organisation de l'assistance publique dans les campagnes. Peu après la proposition de M. Eugène Talion, sur l'organisation générale de l'assistance publique et l'extinction de la mendicité, lui fut renvoyée ainsi que celle de MM. Roussel et Morvan, sur l'organisation de l'assistance médicale dans les campagnes.
Dans un premier rapport du 17 juin 1873^
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La plupart d'entre eux ont reconnu la nécessité absolue d'organiser l'assistance médicale dans les campagnes, plutôt par commune ou groupe de communes que par canton ou circonscription plus grande. Ils ont aussi demandé une répression plus sévère de la mendicité et surtout la création de mesures de prévoyance, telles que caisses d'épargne, sociétés de secours mutuels, etc.
« La question des institutions d'épargne et de tt prévoyance domine celle de l'assistance, dit le . « rapporteur; là où règne l'épargne disparaît l'in- « digence. »
Puis plus loin :
« On ne peut manquer d'être frappé de l'unité de vues, de l'énergie et de l'ensemble des affirmations qui se sont manifestées sur certains progrès à réaliser, notamment l'extension du nombre des bureaux de bienfaisance, l'organisation des secours médicaux à domicile, la création enfin de ressources spéciales pour les besoins de l'assistance. »
L'insuffisance des moyens actuels à la disposition de l'assistance publique, surtout pour ce qui concerne les soins médicaux à la campagne, est donc bien constatée ; il en est de même pour la répres-
dicité. En effet, dans presque toutes ;st assailli par des malheureux, soumais quelquefois valides, et, ce qui X encore, par des enfants qui sollicilans la rue ou h domicile, ipagnes, la même chose a lieu, et on jvent des troupes de gens qui parti canton, à jour fixe, pour réclamer
de ces faits on est obligé de reconiance des remèdes actuels et la nécesler de nouveaux,
i charité individuelle vient, dans les ime dans les villes, au secours de la e; mais, en raison de son manque organisation, elle facilite souvent l'oinperie.
la pensée qu'il convienne d'empéreux de s'adresser à de plus heureux ce qu'il faut interdire à tout prix, :ude de beaucoup de pauvres de s'a- I familles différentes et à plusieurs même temps, pour obtenir de chapetit secours qui leur permette ainsi aval lier.
Or, je ne connais pas de mitier, car cela dévient un métier, plus dégradant et plus avilissant ; l'exemple du père et de la mère est suivi par les enfants, qui eux-mêmes sont dressés quelquefois à simuler la faim, pour exciter la compassion des passants. Qfie deviennent, dans la suite, ces pauvres petits misérables ?
Une organisation générale de la charité, meilleure et plus complète, dont les œuvres existantes formeraient la base, mais auxquelles on ajouterait d'autres institutions ayant surtout pour but de prévenir la misère, me parait donc nécessaire.
Cette organisation comprendrait à la fois la cliarité publique et la charité privée.
Sans doute l'Etat a son rôle, mais l'individu doit avoir le sien ; la charité publique ne peut pas absorber la charité privée .Tcut-on remplacer auprès du malheureux les douces paroles et les consolations religieuses données par cette femme dévouée qui va trouver le pauvre chez- lui i' Ce patronage bienveillant de l'ami du pauvre, qui, par amour de son prochain, s'efforce de faciliter sa vie en lui procurant du travail, de placer ses enfants, d'en faire des hommes utiles et instruits, peut il se faire par une administration ? Non, la charité individuelle ne
Ée, elle est nécessaire, mais ■ facilitée et rendue plus effi-
acun sa tâche ; que l'Eut, la liions, l'individu, aient chacun le entente intelligente facilite tte de remédiera l'insuflisance C'est ainsi que cette grave ce, si difficile mais si imporjolue, du moins considérable-