‹ La misère: son histoire, ses causes, ses remèdesChapitre 38 sur 50 · SOCIÉTÉS DE PRODUCTION · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉS DE PRODUCTION

et ouvriers. C'est par la fusion des intérêts que, d'adversaires qu'ils sont, ils deviendront en quelque sorte coassociés, solidaires les uns des autres, et que les chômages, les grèves et les difficultés entre le capital et le travail, tendront de plus en plus à disparaître.

En Angleterre et en France, il existe déjà un certain nombre d'établissements dans lesquels la participation des ouvriers dans les bénéfices des patrons existe, notamment ceux de MM. Briggs, à Whitvood, grande mine de charbon ; l'entreprise de peinture en bâtiments de MM. Leclaire Defourneaux et O^, et l'établissement de M. Bord, facteur de pianos, à Paris ; la fabrique de produits chimiques de MM. Kestner et Ci^, à Thann, l'établissement de MM. Haeff'ely et 0% à Pfastadt, etc.

En général, on est satisfait des résultats qu'elle donne. Espérons que cette mesure se répandra de plus en plus, car c'est dans l'association et dans la participation, établies avec mesure et justice, réservant au capital la grande part qui lui est due, mais donnant au travail une certaine part, que réside la solution , si difficile , du reste , de la question ouvrière.

Au point de vue particulier, auquel nous nous

is, la recherche des moyens par lesquels l'ini- : individuelle peut prévenir la misère, cette on est certainement de la plus grande impor- , et sans entrer dans tous les développements emporte cet intéressant sujet, nous devions ■e quelques mots, ne fût-ce que pour engager :eux qui désirent l'amélioration du sort des ;rs à l'étudier davantage (i).

; Sociétés coopératives de consommation sont prônent, parmi les associations coopératives, celli offrent l'avantage le plus direct et le plus ;, et qui sont le moins difficiles. à organiser, ir but est d'acheter en gros les principaux 1 de consommation journalière, tels que café, , épiceries, huile, vin, vêtements, souliers, etc; triquer même le pain, et de vendre ces diverlarchandises,' en détail et au comptant, aux >res de la Société. Les adhérents font ainsi lêmes le bénéfice du détaillant, et quoique ce

oit à' ce eujet ; lj> tuppression dfs Grèves, j éfce». par Cliarles Robe;!, 1S70. - Paris, He

- Paris, Charpentier et O'.

I firmalioit dit capxtal chef l'ouvrier de r :asle I.alance. de Mulhonsc. Mémoire adressé 1*. 1S76. — Miilhoine, Veuve Bider et O:

SOCIETES DE CONSOMMATION rq:»

bénéfice ne soit en général pas aussi considérable qu'on le suppose, chaque sociétaire reçoit à la fin de l'année, au prorata de ses achats, une certaine somme représentant le profit réalisé.

Ces Sociétés ont donc l'avantage de faciliter la vie en procurant une économie sur les objets consommés ; elles offrent de plus une garantie pour la qualité de ces objets, et enfin elles habituent l'ouvrier à payer comptant au lieu d'acheter à crédit. — Le crédit est pour lui un grand danger et une fréquente cause de misère ; à ce titre seul , les Sociétés coopératives de consommation rendent déjà un grand service.

Ce n'est pas qu'elles ne présentent des difficultés d'organisation : l'ignorance des sociétaires, et surtout leur inexpérience dans les questions d'affaires, occasionnent souvent de graves erreurs. II n'est pas si facile de bien acheter, de tenir ses écritures en ordre, d'avoir de bons produits et de savoir être aimable encore avec ses acheteurs ! Aussi recueil de ces. Sociétés est-il dans le choix du directeur.

Le meilleur moyen de bien organiser une société coopérative de consommation est de fonder une Société par actions de 50 francs, à capital variable.

iq6 la misère

et de faire prendre ces actions par les ouvriers disposés à en faire partie. — Les sociétaires réunis nomment un conseil d'administration qui choisit le gérant. — Celui-ci, de qui dépend en grande partie le succès de rétablissement, doit connaître le commerce et l'avoir pratiqué ; il n'est pas nécessaire que ce soit un homme ; une femme veuve, ou la femme d'un ouvrier peut parfaitement remplir ces fonctions, à condition d'être honnête et d'avoir de l'instruction. Le gérant doit être bien rétribué ; il achète, vend, tient les écritures et fait toutes les opérations de la Société, sous la surveillance du conseil d'administration. C'est lui qui est chargé de faire l'inventaire et de dresser l'état du bénéfice qui revient à chacun.

A cet effet, tous les sociétaires ont un carnet dans lequel on inscrit le montant de leurs achats. Leur part dans les bénéfices est fixée à l'inventaire, suivant l'importance de ces achats.

Lorsque la mesure du paiement comptant n'est pas facilement applicable, ce carnet sert aussi à faciliter une avance de la façon suivante : chaque sociétaire a droit à un crédit égal à l'importance de ses actions ; cette somme est inscrite en tète de son carnet, et le gérant est autorisé, contre le dépôt de

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ses actions, à n'exiger le paiement des objets achetés, que lorsque cette somme est atteinte, ou, en tout cas, à la fin de chaque mois.

De cette manière, la Société ne court aucun risque, et l'ouvrier peut recourir au besoin au crédit.

Il existe, tant en France qu'en Angleterre et en Allemagne, un grand nombre de Sociétés de ce genre, et, en général, elles sont en bonne voie ; c'est certainement la forme de la coopération qui jusqu'ici a le mieux réussi, et il est très-désirable que le nombre de ces Sociétés de consommation continue à s'accroître.

En combattant de nombreuses causes de misère, elles donnent à l'ouvrier des habitudes d'ordre et de prévoyance ; elles lui apprennent à s'occuper d'affaires, et le préparent, on ne peut mieux, à profiter plus tard de tous les avantages que lui promet la coopération.

Après avoir étudié le rôle de l'association, voyons quelle influence l'intérêt bien compris, peut avoir sur lar misère.

Les Cités ouvrières nous le montreront.

Les Cités ont pour but de fournir aux ouvriers de petites maisons séparées, bien bâties, saines et

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propres, ayant cour et jardin si possible, à un prix relativement bas, et de leur offrir les moyens d'en * devenir propriétaires, à la charge par eux de payer pendant un certain nombre d'années, en sus de la location ordinaire, une petite somme mensuelle qui tient lieu d'amortissement et permet à ceux qui les ont créées de rentrer dans leurs fonds.

La première idée des Cités ouvrières vint d'Angleterre; mais dès 1852, la Société industrielle de Mulhouse, sur la proposition de M. Jean Zuber, mit la question à l'étude, et voici comment s'exprimait son rapporteur, M. Penot, à la date du 30 juin 1852 :

« La commodité, la propreté d'un logement ce influent, plus qu'on ne le supposerait d'abord « peut-être, sur la moralité et le bien-être d'une « famille. Celui qui ne trouve en rentrant chez lui « qu'un misérable taudis, sale, en désordre, où il « ne respire qu'un air nauséabond et malsain, ne « saurait s'y plaire, et le fuit pour passer au caba- « ret une grande partie du temps dont il dispose. « Ainsi son intérieur lui devient presque étranger, « et il contracte bientôt de funestes habitudes de « dépenses, dont les siens ne se ressentent que c( trop, et qui aboutissent presque toujours à la

« misère. Si au contraire nous pouvo « ces mêmes hommes-des habitations « riantes ; si nous donnons à chacut « jardin, où il trouvera une occupatio H et utile, où, dans l'attente de sa mode; « il saura apprécier à sa juste valeur cet «. la propriété que la Providence a mî « "n'aurons-nous pas résolu d'une man « faisante un des problèmes les plus ini[ Il l'économie sociale ? N'aurons-nous pa; « à resserrer les liens sacrés de la famill B un véritable service à la classe si intéi H nos ouvriers et à la société elle-même

A la suite de ce rapport, M. Jean quelques autres industriels fondèrent 1 mulKousienne des Cités ouvrières au 3S5iOoo francs. Cette Société, qui n'a construire des maisons au fur et à mesur tes, est arrivée aujourd'hui, après 2 j ans d au chiffre total de 980 maisons !

Voici sur ses opérations un tableau in

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