‹ La misère: son histoire, ses causes, ses remèdesChapitre 40 sur 50 · ANNÉES · texte numérisé non relu

ANNÉES

262 bO

Il 28 »

(i) Pour plus de détails, s'adiesser à M. F. Mallet, un des Foudateurs et Administrateur délégué de la Société havraise des Cités ouvrières, n» 35, rue de l'Orangerie. Havre.

Voici, du reste, les conditions de vente di sons de la Cité Havraise :

« Un premier versement de 300 franc; comptant pour «ne maison de 3,000 francs vant seA'ir à payer les frais de contrat,

« Un paiement mensuel de 24 f. 05 c. p:

pour devenir propriétaire en 1 5 années , 20 fr, 05 c. en 20 années, suivant le tabl dessus.

« Faculté à l'acquéreur, en dehors du pa mensuel et obligatoire, de hâter sa libération la Société par des versements en compte-co ces versements, productifs d'un intérêt de 5 pourront être inférieurs, chaque fois, à 50

(< En cas d'inexactitude dans les paiement suels, la Société aura le droit de reprendre ] sion de l'immeuble, en remboursant simptei l'acquéreur tout ce qu'il aura pu verser en ] 20 francs par mois pendant toute la durée occupation .

« Les frais d'acte notarié et les droits d'e trenient, en un mot tous les frais de contr charge de l'acquéreur. — Le contrat, dans 1 de l'acquéreur, et pour le cas 01!! il ne pouri faire face à ses engagements, ne sera passi

at du riers au moins de la valeur de la attendant, un sous-seing conUrmera la

iété fera assurer l'immeuble pour une 1,000 francs, et le recours des voisins imme égale. — L'acquéreur devra le ent des primes. Cette assurance sera ociété aussi longtemps que l'acquéreur eur envers elle ; une fois le prix d'ac- ;ièrement soldé, l'assurance sera faite ur lui-même, qui devra, chaque année, a police.

jositions foncières et celles des portes ont naturellement Jt-la charge de l'ac-

e nen ne vienne changer sans son conplan d'ensemble de la Cité, pour que

1 des maisons et des jardins reste -le les conditions de salubrité ne siaient et que chaque habitation reste iudéisolée de manière à ce que chacun soit , ia Société impose à l'acquéreur, qui es conditions suivantes :

construction ne devra être édifiée dan.s La maison ne pourra être plus élevée

C'est ce qui a été fait par la Société des Cités ouvrières de Bolbec, fondée en 1878 par l'initiative individuelle au capital de Fr. 100,000.

Cette Société a pour but de construire des maisons d'ouvriers et de les vendre ensuite, payables en une série d'annuités qui comprennent l'intérêt et l'amortissement.

Voici les principaux articles de ces Statuts (i) :

« Art. I*^ — Il est formé une Société anonyme entre les comparants et toutes autres personnes qui adhéreront aux présents Statuts par la souscription des actions ci-après créées.

« Art. 2. — L'objet de la Société est :

« I** La construction à Bolbec et dans son rayon de maisons d'ouvriers ayant chacune, autant que possible, une cour et un jardin, à l'usage d'une seule famille ;

« 2° L'acquisition des terrains nécessaires aux constructions et à leurs dépendances, et à l'établissement, s'il est besoin, de rues, égoûts, lavoirs et autres accessoires qui pourront être reconnus utiles ;

([) Pour de plus amples renseignements, s'adresser à M. Fauquet- Lemaitre. Président de la Société, à Bolbec (Se'ne-Tnférieurc).

qui suivent la clôture de l'inventaire et au lieu indiqué par le Conseil d'administration.

« Art. 36. — Le Conseil d'Administration dresse, chaque semestre, un état sommaire de la situation active et passive de la Société.

« Cet état est mis à la disposition du Commissaire.

« Il est en outre établi, à la fin de chaque année sociale, un inventaire contenant l'indication des valeurs mobilières et immobilières et de toutes les dettes actives et passives de la Société.

(c Art. 37. — La Société n'ayant en vue que l'améHoration du sort des travailleurs et d'autre but que celui de leur procurer des habitations saines et convenables, et de leur en faciliter l'acquisition dans les meilleures conditions, renonce à percevoir aucun bénéfice.

« En conséquence, chaque action ne donne droit qu'à un intérêt de quatre pour cent l'an, net d'impôts, payable par années, et au remboursement du Capital.

« Art. 39. — Au fur et à mesure de la disponibilité du Capital social, par suite de la location ou de la vente des immeubles de la Société, le Conseil d'Administration décide, s'il v a lieu, de réserver

ce capital pour continuer Içs opérations de la Société ou de l'employer à l'amortissement des actions par leur rachat ou leur remboursement par voie de tirage au sort. ^

La Société a construit deux types de maison :

L'un à rez-de-chaussée, seulement, contenant une pièce de 3™ 40 X 3, servant de cuisine,- une autre servant de salle à manger de 3™ 46 X 2™ 10, deux chambres à coucher de 3™ 63 X 2™ 40, une autre de 3" 46 X 2™ 10, un cellier de 5"* 70 X 2"'70, pour le cidre, le bois et les provisions, enfin un cabinet et une laverie, le tout coûtant 1,900 fr., sans le terrain, et 2,300 fr., y compris 300 mètres de terrain, les clôtures, etc.

L'autre type est à rez-de-chaussée et étage, et contient, en bas, une pièce de 4™ 50 X 3*" 20 à usage de cuisine et de chambre à demeurer, une petite salle de 2"" 80 X 2, une chambre à coucher de 2™ 50 X 2"" 80 et en haut deux chamtres à coucher de 4°* 50 X 2™ 80 et 3"^ 60 X 3"" 20. — Derrière la maison se trouve le cellier de 6"' X 2™ 50 et le cabinet. Le prix de ce type est de 2,700 fr. sans le terrain^ et 3,200 fr. avec jardin, clôture, etc.

Le loyer de la maison à rèz-de-chaussée, amortissement en 14 ans compris, est de 230 fi', par an^

OU 19 fr. 15 par mois, et celui de la maison à étage de 320 fr. par an, ou 26 fr. 65 par mois.

L'influence de la Cité ouvrière sur la moralité, et par conséquent sur la misère, est considérable. Qui ne voit combien l'espérance de devenir propriétaire, rend l'homme plus travailleur, plus économe, plus rangé, et combien sa vie devient plus active et plus intéressante ? Il faut parcourir un soir d'été ou un dimanche une Cité ouvrière, pour voir comment tout y respire le contentement, la paix et les vraies joies de la famille !

Aux jours de la vieillesse, comme il est précieux d'avoir une maison dont on est devenu le propriétaire. Tous ceux qui connaissent la vie des pauvres savent ce que leur cause d'angoisses le paiement périodique du loyer. — Quel bonheur d'être débarrassé pour toujours de ce souci ! — La Cité n'estelle pas l'œuvre préventive par excellence ? .

Aussi ne saurait-ôn trop recommander de fonder des Cités ouvrières, dans les campagnes conime dans les villes. Parmi toutes les œuvres sociales ou philanthropiques créées dans Iç courant de ce siècle, elles offrent sans contredit les résultats les plus positifs et les plus certains. "

youlons-hôus faire à la fois des gens heureux et

214 Ï'A MISÈRK

des vrais conservateurs; voulons-nous combattre en même temps la misère et les erreurs socialistes; voulons-nous augmenter les garanties d'ordre, de moralité, de modération politique et sociale ? Créons des Cités ouvrières !

Il n'est pas nécessaire de le faire sur une grande échelle ; il ne faut même pas les agglomérer sur un même point, cela peut avoir des inconvénients en ayant l'air de parquer, de classer l'ouvrier ; il ne faut surtout pas construire de ces grands bâtiments, véritables casernes, qui détruisent la vie de famille et le sentiment du chez soi ; il faut bâtir de petites maisons séparées, ne donnant.asile qu'à une famille, et les répartir dans tous les quartiers d'une ville.

La Création de ces Cités est d'autant plus facile qu'elle offre à ceux qui les font, en même temps que l'occasion d'être utiles, un excellent placement. En effet, la plupart des Sociétés de ce genre distribuent régulièrement à leurs actionnaires-fondateurs un intérêt de 4 à 5 **/o, qui repose sur les meilleures garanties, puisque, en outre de l'immeuble qui sert de gage, on a encore la solvabilité de l'acquéreur.

Dans ces conditions, fondons partout des Cités ouvrières, nous serons certains en le faisant de con-

tribuer au bonheur de nos sen fournirons les moyens d'éloig la misère.

§ 4. — Par des délasse:

Sociétés musicales. — Conce gymnastique. — Cercle

Un autre moyen d'action de privée consiste à fournir aux { délassements honnêtes.

La misère, on est bien d'acù dans un très-grand nombre de du vice, et le vice lui-même aussi souvent de l'oisiveté.

Pour combattre l'oisiveté, qi l'ouvrier au cabaret, il faut s'e rer quelques occupations agr distraction. — Tout homme, ; tr.ivail, ou le dimanche, 3 bes mais quelles distractions peutfetirer du cabaret, de la salle di ces dangereux ennemis du trav

Elles peuvent être de diffère !a trouveront dans l'insrructic

.216 TA MISïi-.HK

déji indiqué les excellents effets ; les autres la demanderont à la musique ; d'autres aux exercices du corps ; chacun enfin, suivant ses goûts, recherr chera un genre de distraction ou un autre. Il convient donc d'en avoir plusieurs.

La musique peut être mise en première ligne ; elle a sur l'homme les plus heureux effets, adoucit son caractère, élève ses pensées, l'occupe agréablement, et lui fait oublier bien des peines. Elle est une distraction auçsi morale qu'agréable ; on ne saurait donc trop recommander l'organisation parmi les ouvriers de Sociétés de chant et de Sociétés instrumentales,

La grande difficulté de cette organisation est de trouver une salle suffisante pour les répétitions et les Concerts. — Faute de local spécial, la Société se réunit souvent dans un café^ où la répétition se termine autrement qu'en faisant de la musique, et, faute d'une salle de concert, elle est privée d'un des plus grands stimulants, celui de pouvoir se pro: duire en public.

Les concours, qui sont un bon moyen de répandre le goût de la musique, sont un puissant encouragement pour les Sociétés musicales ; on ne peut que les approuver et demander leur exten-

Page 1