SOCIETES MUSICALES
sion ; mais les Concerts populaires^ principalement le dimanche, ont un double but qui est encore préférable.
En même temps qu'ils stimulent les exécutants, ils sont une charmante distraction pour l'ouvrier et sa famille, car il convient d'en laisser l'entrée publique. Les uns vont y entendre leurs enfants, d'autres leurs frères ou amis ; chacun prend un vif intérêt à ces petites fêtes, dont l'excellent effet ne tarde pas à se faire sentir.
L'influence de la musique sur le patriotisme^ et en général sur le développement des idées morales et religieuses, est d'ailleurs considérable. — Les chants populaires ont généralement pour sujets la patrie, la famille, le travail et ses joies, et produisent presque toujours une heureuse impression sur les masses qui aiment instinctivement la musique.
En Allemagne, les chants populaires appris dès l'enfance ont contribué d'une manière puissante au triomphe de l'unité nationale et au développement du patriotisme ; c'est une force qu'il ne faut pas négliger chez nous.
Encourageons donc la création de Sociétés musicales.
2l8 LA MISÈRE
Les Sociétés de gymnastiqtte agissent dans le même sens ; elles s'adressent surtout aux jeunes gens, qu'elles amusent, distraient et fortifient. Par la gymnastique on contribue à faire « des esprits sains dans des corps sains ; » — on règle Tesprit en même temps que le corps, et l'on détourne du mal beaucoup de jeunes gens qui y auraient été entraînés par l'oisiveté.
La gymnastique a le grand avantage de fortifier tout en fatiguant, et d'absorber une partie de cette exubérance de vie qui, de i8 à 30 ans, entraîne souvent au mal. Quand on a fait le soir, pendant une heure, des exercices gymnastiques avec ses camarades, cette distraction ne produit-elle pas une bonne fatigue qui prépare une nuit tranquille dont le résultat est que le lendemain on se lève frais et dispos, bien préparé pour le travail de la journée ? Comparez ce réveil avec celui qui suit une soirée d'oisiveté terminée par une nuit de débauches, et vous comprendrez l'importance des Sociétés de gymnastique qui donnent force et entrain, préservent de bien des écarts, et préparent une vie saine et une vieillesse vigoureuse.
Mais ici encore la grande difficulté est le local. Comme pour les Sociétés musicales, les Concerts,
CERCLES l) OUVRIERS 2! 9
les Conférences, nous allons trouver le moyen de vaincre cette difficulté par les Cercles d'ouvriers.
Cette nouvelle institution a pris naissance en Angleterre, il y a une vingtaine d'années. Les Mechanics'instituteSy sortes d'écoles professionnelles y existaient depuis longtemps ; mais comme leur but consistait seulement à faciliter l'instruction des masses par des Cours du soir, et que ces établissements n'avaient en outre qu'une bibliothèque et une salle de lecture, ils n'avaient attiré que peu d'ouvriers, et s'adressaient principalement à la classe moyenne.
Frappées de ce résultat et convaincues qu'il était de la plus haute importance d'y attirer les ouvriers proprement dits, quelques personnes résolurent d'y ajouter l'élément de la distraction , espérant attirer le peuple, d'abord en l'amusant, puis le garder en l'intéressant à des occupations de plus en plus sérieuses.
Elles fondèrent donc les Working mens Clubs (i) ou Cercles d'ouvriers. .
Ces Cercles se composent en général :
(i) Voir The Working mens Clubs and Institutes.pdv Henry Solly. Ksq-*. — Londres. t5o. Strand.
1° D'une ou de deux salles de jeux et de conversation dans lesquelles les adhérents peuvent venir le soir, fumer, causer, jouer aux dominos ou aux cartes, et prendre même de la bière ou du thé. Souvent un billard se trouve dans la salle ;
2° D'une salle de lecture et de bibliothèque, où se trouvent un certain nombre de journaux quotidiens et de publications périodiques qu'on peut lire et des livres qu'on peut emporter ;
3° De salles de Cours où le soir on donne des leçons de lecture, d'écriture, de calcul, d'histoire, etc. ;
4° D'une salle de gj^mnastique ;
5° D'une grande salle de Concerts et de Conférences ;
6° Enfin d'une cour et d'un jardin où l'on peut se promener en été, jouer aux boules , au tonneau, etc.
Ces avantages ne se trouvent pas réunis dans tous les Working men's Clubs ; beaucoup d'entre eux n'ont qu'une partie de ces salles ; mais plus l'établissement est complet, mieux il répond au but. .
La cotisation y est en général de 6 pence (62 1/2 c.) par mois, et elle est suffisante pour cou-