‹ La misère: son histoire, ses causes, ses remèdesChapitre 5 sur 50 · LA MISERE D AUTREFOIS · texte numérisé non relu

LA MISERE D AUTREFOIS

« d'armes qui mangeront et dégusteront ce peu de « bien que le poure homme aura réservé pour son « vivre. Et, à la vérité, si n'estoit Dieu qui con- (( seille les poures et leur donne patience, ils ché- « roient en désespoir. » Et plus loin :

« Qui eût jamais pensé, ni imaginé voir ainsi « traicter ce {joure peuple, jadis nommé François, « maintenant de pire condition que le serf; car un « serf est nourri, et ce peuple a été assommé de « charges importables, tant taxes, gaiges, gabelles, « impositions et tailles excessives. »

François P*" fait décider que tous les pauvres mendiants valides seront contraints de travailler pour gagner leur vie ; que ceux qui s'obstineraient à vivre dans l'oisiveté seront punis des verges ou du fouet et bannis du pays à temps ou à perpétuité; et que des bureaux de charité seront établis dans les principales villes pour distribuer des secours aux pauvres invalides.

Ces mesures, en apparence excellentes; la dernière surtout, eurent pour effet de faire- affluer dans les villes et principalement ^ Paris «ne foule de pauvres qui considéraient c(mme\midrmV à' èxxQ secourus. ^ ^ i ■> ■' ' ^ -

En 1547, Henri H pp^xlie un édit classant' les

mendiants en trois catégories : les mendiaTi|s valides, — les mendiants invalides sans aucunes ressources et sans feu ni lieu pour se retirer, — les pauvres, malades et impuissants, ayant des lieux de retraite, mais n'ayant aucun moyen de travailler ou gagner leur vie.

Des travaux publics sont organisés pour les premiers qui sont tenus de s'y rendre ; les seconds sont mmex et distribuex^ dans les hôpitaux pour y être nourris, secourus et entretenus des revenus de ces établissements ; les autres enfin sont mis à la charge des habitants de chaque paroisse qui, « à cette fin, « firent faire les rooles par les curés ou vicaires " et marguilliers, pour leur distribuer, en leur mai- « son ou en tel autre lieu comniode, qui serait « advisé par lesdits curés, vicaires ou marguilliers, « en chacune d'icelles paroisses, l'aumosne rai- K sonnable. »

Cet édit, — confirmé et développé par les rots suivants, et notamment sous Charles DC par le vertueux chancelier de Lhospital, qui en recommande langoureuse application, et pose en principe que les habitants de chaque ville, village ou bourgade sont tenus de nourrir et entretenir les pauvres de leur localité, — n'est appliqué que faiblement, et

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la pauvreté, la mendicité et le vagabondage n'en existent pas moins.

Les hôpitaux, aumosneries, léproseries et maladreries donnent lieu à de grands abus de la part de ceux qui les dirigent, et Henri IV est obligé de les assujettir à une réforme générale.

Ce prince, d'une intelligence remarquable, s'efforce d'améliorer la situation du pauvre et du paysan; il veut « que chaque dimanche, ce dernier « puisse mettre la poule au pot. » Comprenant que pour diminuer la misère le meilleur moyen est d'augmenter le travail, il encourage l'industrie, en facilite le développement ; et, secondé par Sully, s'efforce de rétablir l'ordre dans les finances et la confiance dans les affaires. — L'édit de Nantes termine les guerres religieuses si fatales au pays; de nouvelles industries se créent ; la tranquillité et le bien-être succèdent aux agitations et aux troubles des guerres civiles.

Dans les premiers temps du règne de Louis XIV la misère semble diminuer ; l'hôpital général est fondé, et un nouvel édit, plus complet encore que les précédents, est pris en 1656 à l'égard des pauvres. Mais bientôt la politique réparatrice d'Henri IV est abandonnée ; les guerres recom-

mpôts qui en sont la conséquence, a cour et des armées, sont la cause irofonde, mal dissimulée par les ï Versailles. Un chroniqueur du insi la misère dans le Blaisois, en

s des champs semblent des carcas- ; la pasture des loups est aujourrriture des chrestiens; car, quand les chevaux, des asnes, et d'autres s et étouffées, il se repaissent de rrompue qui les fait plustost mou-

Les pauvres de la ville mangent, ourceaux, un peu de son destrempé pure, et s'estimeront heureux d'en ul. » — Et plus loin :

partout un grand nombre de mesleurent de faim. Si quelques-uns ; fois le jour, un peu de pain de

sont deux ou trois jours sans en seul morceau. — Ils ont mangé habits, et sont couchés sur un peu i couverture. »

in de l'édit de Nantes, en provoion d'un grand nombre de protes-

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