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tants, qui ne peuvent conserver leur foi qu'« quittani leur pau'ie, porte un coup funeste à l'îi dustrie, qui se trouve principalement entre leu mains, et, en diminuant 1^ travail, contribue enco; à augmenter la misère.
La condition du peuple, surtout dans les cac pagnes, est déplorable ; rappelons la peinture tri tement célèbre qu'en fait la Bruyère (i) :
« L'on voit certains animaux farouches, d' o mâles et des femelles, répandus par la can « pagne, noirs, livides et tout brûlés par le solei a attachés à la terre qu'ils fouillent et qu'ils r o muent avec une opiniâtreté invincible ; ils o R comme une voix articulée ; et quand ils se lève « sur leurs pieds, ils montrent une face humain n- et en effet, ils sont des hommes. Ils se retire « la nuit dans des tanières où ils vivent de pa « noir, d'eau et de racines ; ils épargnent at i< autres hommes la peine de semer, de labour « et de recueillir pour vivre, et méritent ainsi i « ne pas manquer de ce pain qu'ils ont semé. »
L'état des choses ne s'améliore pas sous les règn
(Il Caractères Je La Bruyère : de VHopii.
de Louis XV et de Louis XVI ; la misère est aussi grande que jamais, et la mendicité est bien loin d'être détruite.
Massillon écrit en 1740 :
« Les peuples de nos campagnes vivent dans « une misère affreuse, sans lits, sans meubles ; la « plupart même, la moitié de Tannée, mangent du « pain d'orge et d'avoine qui fait leur unique « nourriture, et qu'ils sont obligés de s'arracher « de la bouche et de celles de leurs enfants pour « payer leurs impositions. »
En 1786 un arrêt du Parlement ordonne qu'un bureau de charité sera établi dans chaque paroisse pour venir au secours des malheureux ; mais là s'arrêtent les efforts du pouvoir monarchique absolu pour enrayer les développements du paupérisme.
L'histoire de la misère d'autrefois se termine en 1789, et peut se résumer dans ce tableau frappant qu'en a fait M. Louis Blanc dans son Histoire de la Révolution (i) :
« Lorsqu'on passe en revue les innombrables « obstacles qu'à la veille de la Révolution le pauvre
( i) Histoire de la Révolution^ par Louis Blanc, tome I, page 4^2.
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« valide devait absolument franchir pour exercer « une profession, pour arriver à vivre de son trace vail, on demeure saisi de douleur et presque « d^épou vante.
« Et d'abord, chaque maître ne pouvant avoir « plus d'un apprenti, trouver un maître était une «' première difficulté. — L'apprentissage était la (( seconde ; les frais s'élevaient à une somme si « considérable, que beaucoup mouraient avant « d'y atteindre. — Il n'en coûtait pas moins de <c 500 livres.
(c L'apprentissage durait sept ans en moyenne, « et, après cela, commençait une seconde service tude, celle du compagnon. Arrivait enfin le ce moment d'être reçu dans la maîtrise ; mais ici ce l'attendaient de nouveaux obstacles, souvent ce insurmontables.
ce Voilà quelles barrières se dressaient, de discc tance en distance, sur la route du travail, au ce moins devant V étranger ; car on appelait ainsi ce quiconque avait le malheur de n'être pas fils de ce maître, tant la ligne de démarcation était proce fonde entre la bourgeoisie et le peuple ! — Au ce prolétaire étranger ^ tout le mal ; au fils Je ce maître, toutes les faveurs. Que le fils du maître
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les hommes de 16 à 70 ans, à trois années de galères, les hommes de 70 et au-dessus, ainsi que les infirmes, filles et femmes, à être renfermés pendant trois années dans un hôpital. — Il y eut un moment où l'on ajouta trois deniers par livre à l'impôt des tailles, et le produit en fut employé à bâtir aux mendiants des maisons de force. Ils y travaillaient sous le fouet. Mais leur travail faisait concurrence à certaines maîtrises : elles se plaignirent. — D'ailleurs entassé dans des renfermeries infectes, un peuple en haillons devait bientôt devenir un embarras sinistre. Chaque dépôt était un foj'-er de hideuses maladies, un théâtre sur lequel la mort ne paraissait qu'avec le désespoir.
« En 17^7, on arrête jusqu'à cinquante mille mendiants : c'était trop pour les 3 3 renfermeries du royaume ; on ouvre au superflu de la population les hôpitaux, les ateliers de charité, les prisons... Le nomljre des aff"amés va croissant. Dix ans plus tard, à la suite de disettes successives, on compte jusqu'à un million deux cent mille mendiants (i). »
(i) Monteil. Histoire des Français des divers Etats.
Qiiand la Révolution de 1789 éclata, le mal était donc immense ; non seulement le manque de travail se faisait cruellement sentir, mais encore ne pouvait pas travailler qui- voulait. Le travail, en effet, n'était pas libre ; les privilèges et les règlements sans fin des corporations, des maîtrises, des jurandes, avaient créé une sorte d'aristocratie de la main-d'œuvre, et le pauvre, sans protections, n'avait même pas le droit de gagner sa vie à la sueur de son front.
Ajoutez à cela que le plus fort de l'impôt pesait sur le peuple, sur le paysan surtout (i); que la noblesse et le clergé en étaient en partie exonérés ; que la taille, les gabelles, les droits de douane intérieure, les corvées venaient prendre au travailleur la plus grande partie de son revenu et de son temps. La charité et l'assistance n'avaient, pour ainsi dire,
(i) Voir les Origines de la France contemporaine, par H. Taine. — L'Ancien Régime, page 543, — 1876, Paris, Hachette et C».
De 1778 à 1787, l'impôt direct royal s'élevait à : F. 53 i5 sur 100 liv. de revenu taillable, pour taille, vingtièmes, etc. 1428 dito dito pour la dîme ecclésiastique.
14 28 dito dito pour les droits féodaux.
F. 81 71 sur 100 francs de revenu.
Il restait donc au propriéta're taillable Fr. 18.39 P- 100 l
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aucune organisation, et le malheureux était e qnelque sone livré à lui-même.
Voilà ce qu'était la misère dans les temps qi précédèrent la Révolution française; aussi n'est-c pas sans tristesse qu'on se reporte à ces jours déj lointains, en songeant à toutes les souffrances m: térielles et morales qui accablaient le pauvre.