‹ La mission de l'artChapitre 4 sur 7 · OM · texte numérisé non relu

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géant son intcllectualité dans Pinçons-

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cience émotive de l'instinct et confondant l'émotion esthétique avec l'émotion animale, a fait de l'artiste un être quelconque, c'est-à-dire ne s'élevant même plus comme qualité individuelle au-dessus du collectif. Il voit comnieje pjejriiej^'enu; il sent f**?*', comme le premier venu : comme le chien, ^a<^J~' comme le chat ! Mais son organisation ' ' spéciale d'artiste, mais sa nature d'élection, qui devraient lui faire voir et sentir autrement que Monsieur Tout le Monde, se sont enkylosés ou annihilés dans le ravalement panthéistique de sa déchéance intellectuelle.

La Nature, pour les réalistes, a cessé,*'" u d'être une révélation. Ceux-là mêmes qui, tUi*liA.o . au nom d'Isis, agitent frénétiquement le drapeau rouge de la Vie et de la Réalité, profanent, sans s'en douter, cette énigmatique et fécondante Nature!

Le Naturalisme de notre siècle, insultant la Nature, a bnséJes Hens otui ..Punissent a u monde spirituel. Le triple amour de la Vie, de l'Idéal et de Dieu s'est telle-

ment rétréci dans l'âme de' l'artiste moderne", l'amour de la Beauté s'est si définitivement évadé de son intelligence, que le génie n'illumine presque plus aucune œuvre.

La Critique, — dont la mission serait .„ . si belle, si elle était capable de l'accomtyv t P^r> — ne s'est-elle pas faite l'apologiste *a:#>û'**'rl de Y inconscience? « Le génie est inconscient, « (fc***1* ne cesse-t-elle de répéter aux oreilles élastiques de la grosse opinion publique. Vinci, le cerveau le plus pondéré, Vinci, le plus théoricien des artistes et le plus artiste des savants — inconscient ! Eschyle, le titanesque concepteur de ce Prométhée dans lequel il formule le plus conscient des symboles — inconscient! Newton découvrant les lois astronomiques — inconscient! Le génial et déconcertant mécanicien de l'Horloge astrologique de la cathédrale de Strasbourg — inconscient ! Raphaël, le compositeur harmonieux et grandiose de V École d'Athènes — inconscient! Bach, le mathématicien de

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lharmonie, Xvas'fter. écrivant la théorie ,/

de sa musique, — des inconscients ! ^nxfe^jio.lÂxû.

Tous ces sublimes esprits, qui surent 7tAMar**U*' dérober une parcelle de la Lumière To-' x-mmmmmm talé d'où rayonne la vie universelle pour uUortc — en éclairer un peu les foules inconscientes, Jtr»»y* v l&ryU\, ne sont-ce pas des inconscients? nat&uJL *

liA/u*Â,MÀ"' Voilà où mène le manque d'idéalité ou au*' ^taie manque de savoir. la-oufo^c*.

, /.«x^frL6 gé£ie dans 1>arti l'idéal dans l'art, /,'££Tm!L ° „ n'étant pas considérés comme le prolon- #ufe*#w/w* WtZfX- gement de l'esprit dans La vie, il est Z'***?*''"1 , naturel et fatal que la conception et la f a

•s »L ^ r situai*.

4hA^ réalisation esthétiques se corrompent. ^-e^i-

Cette faculté puissante qui consiste, pour le philosophe, à organiser des idées, pour l'artiste, à créer des images d'une manière définitive et formelle, n'est pas nécessaire pour celui qui œuvre, s'imaginent, de nos jours, les chroniqueurs et les esthètes de pacotille.

Un peintre n'a qu'à ouvrir les yeux, et le prodige de l'œuvre d'art s'opérera incons- fo-**? ciemment ! La volonté, cette force grande

A tÙ^4 • i" '^LA MISSION DE L'ART

ju jî créatrice que l'on a remarqué chez tous l ïa^^ ^es nommes de génie, et développée chez y^^T^ruM eux plus que chez la plupart des êtres, n'a i**^»/'» M>lPas besoin d'agir. Artistes, vous n'êtes jtAy^^<vv^;que des organes qui fonctionnent! Cela ^T . 5£-jp*doit vous satisfaire, puisque la petite ^JppFy' critique l'affirme.

^5^ ^>^*Mais Vinci a dit : « la peinture est le plus t*sP\ grand travail mental, parce que la nécessité

contraint V esprit du peintre à se transformer dans le propre esprit de la nature et à se faire interprète entre cette nature et Part, étudiant avec elle quelles causes font que les objets nous t apparaissent et selon quelles lois »,

Cette admirable et lucide*compréhension de l'esthétique de Vinci, n'est-elle pas faite pour faire sourire tous les criticules qui, à l'heure actuelle, encombrent les quotidiens de leurs comptes rendus aussi spontanés qu'insipides?

Et combien peu d'artistes ne hausseront pas les épaules à la lecture de cette définition de l'auteur de Y Adoration des Mages et de la décevante Joconde?

L'esthétique courante, celle que préconisent les avocats dilettantes et que pratiquent les rapins émancipés, a tellement enveloppé leur âme de son chaos et désorienté leur conscience qu'il faudra du temps encore avant qu'ils ne rouvrent leur cœur aux viriles émotions de la Beauté pure.

Contradictoirement aux essentielles énergies de leur être, soumis à l'esclavage des erreurs du moment, les artistes, en général, ont perdu leurs qualités natives et les forces morales qui constituent leur individualisme originel. Beaucoup manqueront leur véritable destinée d'artiste parce qu'ils se sont laissés envoûter par une esthétique funeste.

Jetés en ce monde par un décret des puissances suprêmes, comme l'a dit Baudelaire, pour venir, dans leur œuvre, créer un Signe — car l'œuvre d'art est un sign signe périssable, représentatif d'une idée **T £0t, impérissable, d'un sentiment immortel, — ils ont gaspillé l'exacte notion de leur raison d'être, je dirai plus, de leur mission !

Ils ont, en effet, perdu le sens d'euxmêmes. Ils ne savent ce qu'ils valent réellement, ne se rendant pas compte du mystère dont ils sont des incarnations vivantes, sociales.

Ils ont fini par croire — on le leur

a crié sur tous les tons ! — que le cœur

^uV qui bat dans leur poitrine, que le cerveau

+1f** qui leur bat les tempes, que leurs mains,

rj,jjî' £,t>leurs précieuses mains de créateur, que

^u** l^ K*ftout leur être, enfin, avaient les mêmes

conditions de vie, les mêmes puissances

que celles du ramoneur ou du cordonnier.

L'artiste s'est médiocrement socialisé.

hose triste à confirmer, il n'est plus

individualiste dans le vrai sens psycholo-

Hgique.

fàifi.o/t- **" La véritable individualité ne saurait v^u • \jj&&* être éclectique. Placer dans sa bibliothèque la Divine Comédie à côté de YAssom- . £>* moir, c'est faire preuve 'd^ne^meprisâbTe/te^«Aii mollesse^cVesprit, et admirer, d'une égale L- / admiration, les sinistres idioties d'un tx*5-' Ensor et les suaves plasticités d'un

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Burnes-Jones, c'est compromettre l'altier sentiment de la Beauté et de l'Art en un mauvais goût coupable.

De cette préoccupation de sentir ou de voir comme le plus grand nombre, comme la masse, de cette obsession attractive du collectif sont sortis ces exécrables paradoxes qu'on appelle la « Socialisation de t/tûx»

tth.L*»u »

l'Art », la « Démocratisation de V Art ».

Le réalisme devait, grâce à ses basses affinités, aboutir à cette déchéance de l'esthétique. Nous en sommes là. Les expositions, ouvertes à toutes sortes d'inénarables libertés, sont là pour prouver ce que l'esthétique, quand elle n'est pas basée sur l'irréductible principe de la Beauté, peut engendrer de laideurs ou de bêtises, et en quelles abjections elle sait faire descendre l'Art de nos divins Maîtres.

La véritable notion idéaliste de l'Art, la seule où l'Art doit vivre et évoluer, on l'a délaissée au profit des plus sottes abominations du réalisme. On a caricaturé dau*

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