‹ La mission du Canada avant Mgr de Laval (1615-1659) [microform]Chapitre 14 sur 39 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Le Père Paul Ragueneau, quatrième supérieur de la mission

Voici ce que la Mère de l'Incarnation écrivait du nouveau supérieur de la mission du Canada, le P. Paul Ragueneau, ancien précepteur du prince de Condé :

« C'est un des grands personnages, et des plus zélés missionnaires de la Nouvelle-France; mais je l'estime plus pour sa grande sainteté que pour tous ses talents naturels. »

Il y avait un an que ce zélé serviteur de Dieu avait pris les rênes

(1) Lettres de Marie de l'Incarnation, t. II, p. 4.

(2) Lettre du P. Ragueneau, 28 octobre 1651.

du gouvernement de l'Église du Canada, lorsqu'il écrivait à son Provincial :

« Nous marchons plus que jamais dans une nuit obscure; mais nous y marchons avec Dieu, qui nous conduira. »

M. de Lauson, quatrième gouverneur du Canada, arriva à Québec vers la mi-octobre 1651; le P. Ragueneau le reçut à la porte de l'église paroissiale suivant les prescriptions du Rituel, et lui adressa quelques paroles de bienvenue. Il y eut ensuite grand dîner chez les Pères; puis, dans l'après-midi, séance solennelle au Collège :

« Les écoliers, écrit le P. Ragueneau lui-même, reçurent M. le Gouverneur dans notre nouvelle chapelle latind oratione et versibus gallicis. Les sauvages dansèrent (1). »

Quelques jours plus tard, le gouverneur ayant marié son fils aîné à M®ii« Anne Després, les Jésuites crurent devoir s'associer à sa joie :

« Je fus au dîner de la noce, dit le P. Ragueneau; le P. Vimont, qui avait célébré le mariage comme curé, y fut le lendemain; et le P. Lalemant, le troisième jour. »

La colonie canadienne, à cette époque^ avait tout à craindre des Iroquois, qui venaient de détruire la nation huronne. On fut cependant assez tranquille jusque dans l'automne de 1651, parce que ces barbares étaient occupés à ruiner la nation Neutre, au nord du lac Erié : ils la défirent et la dispersèrent complètement. Puis ils reprirent leurs courses du côté de Montréal et des Trois- Rivières.

A Montréal, il n'y avait j en tout qu'une cinquantaine de Français » ; mais ces colons étaient braves et toujours sur leur garde. Ils repoussèrent à maintes reprises les Iroquois, qui, au dire de la Mère de l'Incarnation, étaient « plus traîtres que vaillants ».

(1) Journal des Jésuites, p. 463. — Le P. Ragueneau, dans ce journal, nous apprend que l'on donna au Collège de Québec, le 4 décembre 1653, la tragédie d'Héraclius, de Corneille, et celle du Cid le 16 avril de l'année suivante. Quelle haute idée cela ne nous donne-t-il pas de l'enseignement qui se donnait déjà à cette époque à Québec! Quelle haute idée de l'éducation telle que l'entendaient les Jésuites, tenant à mettre leurs élèves, et les Canadiens en général, au courant des chefs-d'œuvre que produisaient la mère patrie!

« M. de Maisonneuve a maintenu l'habitation de Montréal par sa bonne conduite, écrit le P. Ragneneau : la paix y a régné entre les Français, ainsi que la crainte de Dieu. »

« Il vécut à Montréal, dit la Sœur Juchereau, comme le père et le protecteur du peuple qu'il gouvernait. »

On cite un bel exemple de la foi intrépide de M. de Maisonneuve. C'était dans le mois de décembre 1643. Une inondation terrible menaçait de détruire l'habitation : le gouverneur fait faire une grande croix et va la planter lui-même sur le bord de la petite rivière au pied de laquelle elle est bâtie; il supplie le Ciel d'épargner cet humble commencement de Montréal, et fait vœu, si la crue des eaux diminue, d'aller porter lui-même une autre croix sur le sommet de la montagne, pour en faire mi lieu de pèlerinage. Et cependant l'inondation augmente toujours : dans la nuit de Noël, les eaux atteignent le seuil de l'habitation : personne, cependant, ne désespère; M. de Maisonneuve, surtout, attend avec confiance l'effet de sa prière. Et, en effet, Ton voit bientôt les eaux se retirer peu à peu. Montréal est sauvé.

M. de Maisonneuve n'est pas lent à accomplir sa promesse, il fait préparer une grande croix : elle est bénite le jour des Rois, le gouverneur la charge sur ses épaules, marche une lieue entière avec ce précieux fardeau, et, accompagné de tous les colons, va la planter sur la cîme de la montagne. Le P. du Perron y célèbre la sainte messe; « et depuis ce temps-là, disent les Relations, ce lieu fut fréquenté par divers pèlerinages {i) y>.

Le gouverneur de Montréal passa en France, en 16S1, pour aller chercher du secours. Il partit de Québec le 5 novembre, quelques jours après l'arrivée de M. de Lauson, laissant pour commander à Montréal le brave Lambert Closse, et fut absent deux années entières. 11 revint dans l'automne de 1653 avec « plus d'une centaine de braves artisans, tous savants dans leurs métiers et gens de cœur pour la guerre (2) » ; puis l'on commença aussitôt à construire l'église de l'hôpital : les offices paroissiaux se faisaient encore dans la chapelle du Fort.

Du reste, c'étaient toujours les Jésuites qui desservaient la petite

(1) Relations des Jésuites, 1643, p. 52.

(2) Ibid., 4653, p. 3.

colonie de Montréal. Ils le tirent jusqu'à l'arrivée des Sulpiciens en 1657.

Avec M. de Maisonneuve, passa au Canada, en 1653, la vénérable Marguerite Bourgeois, originaire comme lui de la Champagne. Elle était de la ville de Troyes, et vint ici pour se dévouer à l'œuvre de l'éducation. Cette sainte fille ouvrit dans une pauvre masure la première école de Montréal. Elle possédait à un tel degré l'esprit de pauvreté et de désintéressement, qu'elle refusa toute fondation pour son œuvre, ne voulant dépendre, disait-elle, que de la Providence.

Elle s'adjoignit plus tard quelques compagnes, et fonda cette admirable Congrégation des Sœurs de Notre-Dame, qui fut approuvée par le premier évêque de la Nouvelle-France, et qui a fait tant de bien pour l'œuvre de l'éducation dans notre pays. Cette communauté s'est multipliée d'une manière prodigieuse et a fondé une infinité de couvents en Amérique : toutes ces maisons, cependant, sont restées étroitement unies à la maison-mère de Montréal, laquelle a toujours été et est encore sous la direction des Sulpiciens, qui se sont appliqués à y maintenir l'esprit religieux de la vénérable Marguerite Bourgeois. Que de fois n'avons-nous pas entendu faire l'éloge des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame par des curés qui se félicitaient d'en avoir dans leurs paroisses!

A Québec, le 30 décembre 1650, un incendie désastreux avait détruit complètement l'humble monastère des Ursulines. La vénérable Mère de l'Incarnation, pleine de confiance, elle aussi, en la Providence, entreprit de le rebâtir dès le printemps suivant. Les Hospitalières, les Jésuites, les citoyens vinrent généreusement à son secours; elle emprunta le reste de la somme nécessaire. Le chapelain de la communauté, M. Yignal, se fit agriculteur, afin de retirer des fermes la subsistance de la maison ; et le 18 mai 1652, les Ursulines, qui s'étaient logées d'abord chez les Hospitalières, puis dans la maison de M™e de la Peltrie, entraient dans leur nouveau monastère : il avait cent-huit pieds de longueur sur vingthuit de largeur. La fondatrice se chargea de la construction de l'église, qui ne fut bâtie, cependant, qu'en 1657, et livrée au culte le 6 janvier 1659, quelques mois seulement avant l'arrivée de M^"" de Laval.

Rien ne peut égaler la beauté des sentiments de Marie de l'Incarnation dans cette époque de malaise et de troubles que

traversait la colonie, et où plus que personne elle eut sa part d'épreuves :

« Nous ignorons, dit-elle, ce que le pays deviendra... La volonté de pieu, c'est là que je trouve ma paix et mon repos. »

Puis elle admire « la façon » avec laquelle Dieu gouverne ce pays :

« On ne voit goutte, on marche à tâtons... Pour l'ordinaire, les choses n'arrivent point comme on les avait prévues. Cependant on roule, et lorsqu'on pense être au fond d'un précipice, on se trouve debout. Lorsqu'on entend dire que quelque malheur est arrivé de la part des Iroquois, chacun veut s'en aller en France; et en même temps on se marie, on bâtit, le pays se multiplie, les terres se défrichent, et tout le monde pense à s'établir. Les trois quarts des habitants, aujourd'hui, ont de quoi vivre par le travail de la terre... »

L'année 1652 fut fertile en épreuves pour la colonie. Et d'abord, on vit s'éteindre aux Ursulines l'une des premières compagnes de Marie de l'Incarnation, la Mère Saint-Joseph, l'une des religieuses les plus affectionnées aux sauvages, l'une des ouvrières les plus efficaces pour leur conversion à la foi : elle mourut en odeur de sainteté le 4 avril et fut inhumée le lendemain par le P. Lalemant, qui prononça son oraison funèbre (1).

L'apôtre des Algonquins de l'Ile et du lac Témiscamingue, le P. Buteux, qui avait passé aux Trois-Rivières une grande partie de sa vie, était parti ce jour-là même pour sa mission : il fut massacré par les Iroquois le 18 mai, avec son compagnon de voyage, Fontarabie, « au troisième portage » de la rivière Saint-Maurice. Ses sauvages chrétiens étaient comptés parmi les plus fidèles, les plus religieux et les mieux disposés envers les Français. Lorsqu'ils venaient aux Trois-Rivières, au retour de leurs chasses, ils ne manquaient jamais d'entrer dans la chapelle et d'y déposer une de leurs meilleures pièces de gibier, « qu'ils offraient à Dieu et laissaient tout proche de l'autel » .

(1) Journal des Jésuites, p. 166. — Le P. Ragueneau, supérieur, qui tenait le journal, mentionne d'une manière assez curieuse cette oraison funèbre : « Après l'évangile, dit-il, le P. Lalemant fit une espèce de sermon. »

Le P. Buteux était d'Abbeville, en Picardie. Il entra dans la Compagnie de Jésus à Rouen le 2 octobre 1620 :

« C'était un homme d'oraison, et d'une mortification si constante, que sa vie a été un jeiîne quasi continuel. 11 couchait toujours sur la dure, et retranchait de son sommeil une grande partie de la nuit; et quoiqu'il fût d'une complexion fort délicate, et toujours dans les souffrances de quelque maladie, il y ajoutait des mortifications volontaires au-dessus de ses forces, ne pouvant rassasier les grands désirs qu'il avait de souffrir (1). »

Le 19 août, M. Duplessis-Bochart, gouverneur des Trois-Rivières, « très brave et très honnête gentilhomme », ayant imprudemment livré combat à un parti d'Troquois, dans les bois, à quelque distance de la ville, fut tué avec vingt-deux des Français qui l'accompagnaient :

« Aujourd'hui qu'ils ont tué le gouverneur des Trois-Rivières, écrit Marie de l'Incarnation, ces barbares s'imaginent être les maîtres de toute la Nouvelle-France..., et deviennent insolents au dernier point. »

Ils continuèrent le reste de l'été et tout l'automne à ravager le pays autour des Trois-Rivières, massacrant Français et Hurons, brûlant les moissons, détruisant les granges et les bâtiments.

La plupart des habitants de la colonie avaient converti leurs maisons en redoutes, et se tenaient prêts à faire feu sur ces barbares aussitôt qu'ils les verraient poindre. Toutes les familles s'étaient recommandées à quelque patron de la cour céleste, et mises surtout sous la protection de la sainte Vierge. La population de la colonie s'élevait à environ deux mille âmes.

Au printemps de 1653, six cents Iroquois vinrent attaquer Montréal; mais ils furent repoussés avec vigueur. Ils se rendirent alors aux Trois-Rivières, oii ils avaient eu tant de succès l'année précédente. Mais les Jésuites avaient si bien fortifié l'habitation qu'ils n'osèrent rien entreprendre.

Un certain nombre descendirent près de Québec, et massacrèrent quelques Français au Cap-Rouge. Le P. Poncet y était allé, avec un nommé Franchetôt, pour travailler à sauver la récolte d'une pauvre veuve. Le 20 août, ils sont pris tous deux par les Iroquois,

et emmenés captifs au pays de ces barbares. Franchetôt est mis à mort le 8 septembre (1). Mais le P. Poncet, après avoir enduré d'horribles souffrances, a la vie sauve (2). Les Iroquois veulent se servir de lui pour négocier la paix avec les Français; et ils le ramènent au pays. Il arrive à Québec le 5 novembre, à la grande joie de tous les habitants, car, nous disent les Relations, « il était aimé de tout le monde ».

Ce qtii engageait les Iroquois à faire la paix, c'est qu'ils avaient besoin dé toutes leurs forces pour combattre la nation du Chat, située au sud du lac Erié, à laquelle ils avaient décidé de déclarer la guerre : « Dieu a suscité cette guerre, disait un Jésuite, pour nous donner la paix. »

La paix avec les Iroquois fut en effet conclue peu de temps après l'arrivée du P. Poncet : l'on chanta à Québec un Te Deum d'actions de grâces; et l'automne suivant la Mère de l'Incarnation, écrivant à son fils, lui disait :

a Tout le long de l'année (3), les Français, les Hurons, les Algonquins et les Montagnais ont vécu ensemble comme frères. L'on a fait les semences, les récoltes et le trafic avec une entière liberté.

(1) Malhurin Franchetôt montra beaucoup de courage dans ses souffx'ances. « Les sauvages, écrit le P. Poncet, lui brûlèrent dans le feu de leurs calumets les deux index de la main gauche et de la main droite : ce qu'il endura avec une patience admirable, chantant V Ave Maris Stella dans ses souffrances. »

(2) Le P. Raphaël-Marthe Poncet, a raconté lui-même comment il fut emmené du Cap-Rouge à la invière Jacques-Cartier, puis à la rivière Richelieu, et de là à Albany, puis au pays des Iroquois. Les souffrances qu'il eut à endurer rappellent beaucoup le martyre du P. Jogues. (Rel. des Jés., 1653, p. 10 et suiv.).

(3) Il est bon de remarquer que cette année 16S3 fut exceptionnellement féconde, au Canada, en actes extraordinaires de piété. Citons seulement quelque chose de ce qui se passa à Montréal :

« Les Pères de notre Compagnie qui sont en cette habitation, disent les Relations, voyant que les Iroquois la mugue.taient incessamment, faisant des courses dans l'île, dressant à toute heure des embuscades, tenant nos Français si étroitement assiégés, qu'on n'osait tant soit peu s'écarter, sans un danger imminent de perdre la vie,... portèrent nos Français à avoir recoui's à la sainte Vierge, par quelque dévotion extraordinaire. On fit des jeûnes, des aumônes, on institua les oraisons des

« Si cette paix dure, comme il y a lieu de l'espérer, ajoutait-elle, ce pays sera très bon et très commode pour rétablissement des Français. Ils se multiplient beaucoup, et font assez bien leurs affaires par la culture des terres, à présent que l'on abat ces grandes forêts qui les rendaient si froides. Après trois ou quatre années de labour, elles sont aussi bonnes, et par endroits meilleures qu'en France, s

La colonie huronne, confiée au P. Ghaumonot, était alors fixée sur l'île d'Orléans, oii elle avait trois cents arpents de terre en culture, bien ensemencés de blé d'inde. Elle comptait cinq ou six cents personnes. Il y avait un fort, oii l'on avait mis des canons, afin que ces pauvres sauvages pussent se défendre contre leurs ennemis :

t Les Iroquois, dit Marie de l'Incarnation, craignent extrêmement les canons, ce qui fait qu'ils n'osent approcher des forts. Les habitants, pour leur donner la chasse et la terreur, ont des redoutes en leurs maisons pour se défendre avec de petites pièces. »

Le 6 août 1653, le P. Ragueneau cessa d'être supérieur de la mission du Canada et fut remplacé par le P. Lemercier. Il cessa en même temps de faire partie du Conseil de Québec, oii il était entré au mois de novembre 1650, lors du départ du P. Lalemant pour l'Europe.

Si l'on en croit l'auteur de l'ouvrage Les Jésuites et la Nouvelle- France, les Pères ^u Canada s'étaient plaints à leur général que le P. Ragueneau « se mêlait beaucoup des affaires publiques du pays et des intérêts privés des colons. Il continua, dit-il, à s'en occuper, même n'étant plus supérieur. Il exerçait surtout une influence considérable sur M. de Lauson, dont il obtenait tout ce qu'il voulait. Il était l'ami, le conseiller intime du gouverneur, dont il diri-

Quarante-Heures, on offrit plusieurs communions en son honneur, bref on fit un vœu solennel de célébrer publiquement la fête de sa Présentation, demandant à Dieu par l'entremise de cette Mère des bontés, ou qu'il arrêtât la fureur de ces ennemis, ou qu'il les exterminât, s'il prévoyait qu'ils ne se voulussent pas convertir, ni rendre à la raison. Chose étrange et très remarquée, les Iroquois, depuis ce temps-là, non seulement n'ont eu aucun avantage sur nous, mais ils ont perdu beaucoup de leur monde dans leurs attaques, et Dieu, à la fin, les a si fortement touchés, qu'ils ont demandé la paix. » (Rel. des Jés., 16S3, p, 3).

geait la conscience : situation très délicate, dont il ne sut pas tirer bon parti pour le bien général de la colonie ».

L'auteur ajoute : « Il avait cette faiblesse de vouloir se mêler des choses politiques, de l'administration civile et des intérêts matériels des colons, plus qu'il ne convenait à un religieux. De là beaucoup de plaintes, dont ses frères eurent à souffrir (1). »

C'est sans doute à ces plaintes et à ces griefs de quelques Canadiens contre les Jésuites que faisait allusion le P. récollet Chrétien Leclerc, dans son livre sur l'Etablissement de la Foi dans la Nouvelle-France :

« Les députés nouvellement arrivés du Canada à Paris, dit-il, MM. Godefroy, amiral de la Hotte, de Tilly et Maheu, assuraient que notre retour dans la colonie était absolument nécessaire, que les habitants n'avaient point le repos de leur conscience à cause de certaines difficultés d'intérêts qui se rencontraient dans le Canada avec ceux auxquels il fallait se confesser... »

Tout cela, cependant, il nous semble, n'autorise pas à dire : s II eût été préférable que le supérieur de la mission du Canada ne siégeât pas au Conseil ». Le supérieur des Jésuites représentait l'Église au Conseil : ce qui était tout à fait dans l'esprit de l'époque; et le P. Lalemant, en acceptant d'en faire partie, avait agi avec autant de sagesse que fit plus tard Ms"" de Laval lorsqu'il consentit à siéger à côté du gouverneur au Conseil Souverain.

Le P. Ragueneau fut transféré du Collège de Québec à la Résidence des Trois-Rivières, et de là chez les Iroquois. .

Le P. Lemercier se trouvait momentanément aux Trois-Rivières, lorsqu'il fut appelé à remplacer le P. Ragueneau comme supérieur de l'Église du Canada, le 6 août 1653, Le P. Lalemant remplit les fonctions de vice-supérieur jusqu'au 21 du même mois; et c'est lui, par conséquent, qui, le jour de l'Assomption de la sainte Vierge, eut à faire la lecture du mandement de l'archevêque de Rouen pour la publication du jubilé du pape Innocent X, à la messe paroissiale de Québec, et proclama François de Harlay l'Ordinaire de la Nouvelle-France.

(1) Rochemonteix, Les Jésuites et la Nouvelle-France, t. II, p. 184-198.

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