Champlain
« Un homme intrépide, à qui Dieu réservait la gloire de jeter les premiers fondements de la colonie qu'on y voit aujourd'hui...
(1) Sagard, Histoire du Canada, p. 574.
(2) Ibid., p. 580.
Il reconnut le pays durant le séjour qu'il y fit (1603), en dressa le plan et les cartes, en qualité de géographe du Roi... Il avait autant d'étendue d'esprit, que de zèle pour le service de son Prince. Il remarqua avec beaucoup de discernement les avantages qu'on en pouvait retirer, et les moyens d'y avancer la gloire de Dieu, et l'honneur de son Roi...
« Si ce nouveau monde n'avait été soutenu par le zèle de ce brave gentilhomme et habile gouverneur, et par les soins et applications des missionnaires, toute l'entreprise eût assurément échoué... (1). »
« On peut chercher dans l'histoire des peuples modernes le vaillant, l'habile, l'heureux qui, au même degré, mérite d'être nommé le fondateur d'une nation. A l'origine de tous les établissements des Européens, il y a toujours plusieurs héros entre lesquels l'histoire a mission de répartir la gloire : un seul homme ne peut jamais suffire à l'exploration, à la conquête, à la mise en train de la colonisation. Champlain a assumé la triple tâche. Il est l'explorateur infatigable qui, dans la région qui restera le patrimoine de la nation canadienne-française, ne laisse que des glanes à ses successeurs. Sans une heure de bataille, il fait accepter aux anciens maîtres du pays le partage du sol avec les nouveaux venus, réalisant ainsi dans la perfection l'idéal de la conquête pacifique. Il force les chasseurs et les marchands de castors à faire, sui' cette terre féconde, une place aux laboureurs. Et lorsque les Kertk ont arboré la bannière anglaise au sommet du cap Diamant, qui a mené à Londres et à Pai'is cette belle campagne diplomatique qui est couronnée par la restitution de la Nouvelle-France'? Champlain, toujours Champlain! Et il a été seul pour mener à bout cette oeuvre de titan; seul, et pis que seul, puisqu'il a eu jusqu'au dernier jour à combattre, ici contre l'hostilité des hommes d'affaires, dont il dénonce les manques de parole, là, contre l'ignorance et l'apathie de ceux pour lesquels il acquiert un empire. Gloire à Champlain, père de la Nouvelle-France! (2) »
(1) Chrétien Leclerc, Premier établissement de la Foi, p. 21 et 171.
(2) Emile Salone, La colonisation de la Nouvelle-France, Paris, 1909, p. 73.