IV. — La Pointe-aux-Alouettes
Voici comment Ghamplaiii, dans sa relation de voyage de 1603, décrit la Pointe-aux-Alouettes (ou Pointe-Saint-Mathieu) où se conclut le fameux traité entre les Français et les sauvages Algonquins et Hurons :
« Le lieu de la Pointe-Saint-Mathieu est assez plaisant. Ils étaient au bas d'un petit coteau plein d'arbres, de sapins et cyprès. A la dite pointe, il y a une petite place unie qui découvre de fort loin; et au-dessus du dit coteau, est une terre unie, contenant une lieue de long, demie de large, couverte d'arbres; la terre est fort sablonneuse, où il y a de bons pâturages... La mer bat autour du dit coteau, qui assèche près d'une grande demi-lieue de basse eau (1). »
Ceux qui ont fait le voyage de Québec à Tadoussac ont pu remarquer que le bateau, en arrivant à l'embouchure du Saguenay, au lieu d'y aller tout droit, continue au large, au contraire, et fait un long détour. C'est précisément pour éviter cette partie dangereuse de la Pointe-aux-Alouettes « qui assèche près d'une grande demi-lieue de basse eau, » et se recouvre d'eau à mer haute.
Rendu à Tadoussac, on se trouve en face de la Pointe-aux- Alouettes, de ce lieu «t plaisant », vraiment agréable, si bien décrit par Champlain. Ce coteau magnifique, « couvert d'arbres, où il y a de bons pâturages », est aujourd'hui, parait-il, la propriété du séminaire de Ghicoutimi, qui en a fait son lieu de vacances, comme le Séminaire de Québec a le sien au Petit-Cap, et celui de Montréal au lac des Deux-Montagnes. Nous ne saurions dire la joie que nous avons éprouvée en apprenant que cet endroit historique, où Champlain conclut son fameux traité avec les Sauvages, était devenu la propriété d'une de nos grandes institutions religieuses.