LES GOUVERNEMENTS ET LE SOCIALISME
A cette époque, le prince de Hobenlohe, ambassadeur d'Allemagne à Paris, avait accepté de venir gérer à Berlin la chancellerie à titre transitoire, sous la condition que son poste en France lui serait conservé . Dans ses rapports avec lui, Saint-Vallier retrouva l'empressement à plaire dont, par ordre du chancelier, Biilow et Radowitz lui avaient prodigué les témoignages. Je n'en citerai qu'un exemple.
Un matin du mois de juillet, l'ambassadeur, en lisant les journaux qu'on dit inspirés par la Wilhelmstrasse, y constate une levée de boucliers contre la France à propos des affaires de Tunis. Il n'est
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pas encore revenu de son étonnement et de son indignation lorsqu'on lui annonce Hohenlohe. Le secrétaire d'État est accouru pour lui exprimer des excuses et des regrets, lui affirmer que la chancellerie n'est pour rien dans ces violences de plume et lui déclarer qu'un blâme vient d'être envoyé aux journaux avec l'ordre de se rétracter dès le lendemain. A la suite de ces déclarations, Saint- Vallier écrivait : « Le chancelier nous soutiendra à Tunis, tant que nous ne porterons pas nos regards sur l' Alsace-Lorraine. »
Toute la politique de Bismarck envers la France tient dans ces deux lignes. N'empêche qu'au Reichstag, il agite le spectre français quand c'est nécessaire pour obtenir les votes dont il a besoin. Il l'avait fait antérieurement ; il le fait de nouveau le 24 février à propos de la loi militaire. Mais l'ambassadeur ne s'inquiète plus de