CHAPITRE XII
pivot de toute l'organisation ouvrière. Il A-eut créer des sociétés de secours mutuels, des compagnies d'assurances sur la vie, contre les accidents et contre la misère, des établissements d'asile, de retraite, des logements à bon marché, la nourriture économique, voire des banques populaires. Toute cette organisation serait dans les mains de l'État qui, par ce moyen, se rendrait maitre de l'anarchie. Mais les difficultés que rencontre ce projet ne tardent pas à le lui faire abandonner et, plus que jamais, c'est aux lois d'exception qu'il demande le remède.
~ On le retrouvera dans ces dispositions lorsque, après la mort de Guillaume I", le successeur de celui-ci, le jeune empereur Guillaume II, prend à son compte l'ancien projet de Bismarck et pour le modifier et le rendre applicable réunit à Berlin une conférence ouvrière dans laquelle figurent des représentants du prolétariat français.
C'est alors qu'entre le souverain et son chancelier éclate le dissentiment dans lequel celui-ci succombera. Mais lorsque se produira sa chute il y a longtemps que le comte de Saint-Vallier a résilié ses fonctions et a quitté Berlin, de telle sorte qu'il ne sera pas témoin de ce coup de théâtre.
Nous devons donc revenir en arrière pour le montrer au début de 1880 recueillant avec son exactitude accoutumée et sa rare faculté d'observation les propos et les actes qui prouvent combien sont alarmés les empires du Nord par les progrès du socialisme.
Au mois de juin de cette même année, le prince Gortchakoff, chancelier de Russie, traverse Berlin et reçoit le comte de Saint- ValUer. Dans l'entretien qu'ils ont ensemble, le vieux diplomate trace le plus sombre tableau des dangers que font courir à l'Europe entière, monarchique ou repu-