‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 105 sur 161 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

choses aux mots. L'alliance des trois empereurs a eu sa raison d'être. Je ne Yeux pas examiner dans quelle mesure elle est encore dans les nécessités de l'heure présente; il y aurait heaucoup à dire làdessus. Mais l'essentiel à mes yeux, c'est que tout ferment de défiance a cessé d'exister entre l'Allemagne et la Russie. »

Il y avait jusque-là peu de choses en beaucoup de mots, et peut-être le vieux chancelier se faisait-il illusion lorsqu'il déclarait qu'entre lui et Bismarck l'entente était faite. Peut-être aussi en parlait-il sans y croire autant qu'il le disait. Ce qui permet de le supposer, c'est qu'aussitôt il entonnait sur la France un dithyrambe que Saint-Vallier interpréta comme la preuve d'un désir de plaire et de rétablir les relations sur le pied le plus amical.

« Je suis heureux de voir votre politique demeurer calme et sage, comme elle l'est depuis quelques années, et j'espère

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qu'aucun motif de dissidence ou de refroidissement ne s'élèvera plus entre les Français et les Russes si bien faits pour se comprendre et s'aimer. L'affaire Hartmann a été un incident désagréable, provoqué par des maladresses réciproques avec de bonnes intentions de part et d'autre. Elle est terminée aujourd'hui et il convient de l'oublier. »

L'entretien que nous résumons se termina sur ces propos flatteurs et rassurants el laissa l'ambassadeur sous l'impression la meilleure. La paix assurée >et le bon vouloir de la Russie, se greffant sur celui du cabinet de Berlin, que pouvait-il souhaiter de mieux?

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