CHAPITRE XIII
tude d'un bon voisin sympathique à votre cause qui est celle de la civilisation contre la barbarie, faisant des vœux pour votre prompt succès, dont toute l'Europe est appelée à bénéficier.
« Quant àla limite que vous comptez assigner à votre expédition, je n'ai pas à m'en occuper ; elle vous regarde seuls ; elle dépend de vos intérêts; elle ne peut rien changer à mes dispositions. Qu'il s'agisse de conquête totale ou partielle, de la régence ou bien d'un protectorat, cela ne saurait modifier mes idées. Aussi ai-je fait signifier à la Porte que je n'admets nullement sa prétention de considérer la Tunisie comme partie intégrante de l'empire ottoman. Réclamer mon ingérence en vertu du traité de Berlin n'est pas sérieux. Entre qui s'exercerait cette médiation? Ce ne pourrait être entre la France et le Sultan, puisque celui-ci n'a aucun titre à faire valoir. Serait-ce entre la France et le Bey?
212 MISSION DU Qt^ DE S AINT-V ALLIER
Poser la question suffit à démontrer le peu de convenance de cette idée.
« D'ailleurs, l'Allemagne tient trop à la paix avec la France pour s'exposer à la blesser ainsi. Si j'admettais une telle idée, est-ce que les Français ne seraient pas fondés à trouver que je les poursuis dans toutes leurs entreprises lointaines ou rapprochées? Si un voisin qui leur a enlevé une province vient les gêner ouïes entraver là même où il n'a aucun intérêt à le faire, n'est-il pas évident qu'ils seront poussés naturellement à regarder ce voisin comme un ennemi acharné contre lequel il vaut mieux jouer la partie décisive? Qu'on ne s'étonne donc pas que je voie avec faveur les Français trouver des satisfactions sur un terrain où aucun germe d'hostilité ne peut s'élever entre eux et nous.
« Quant au bey, vous connaissez les protestations dont il a accablé nos consuls ; je n'y ai pas répondu jusqu'ici et je n'ai pas