‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 108 sur 161 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

même l'intention d'y répondre; cependant, pour le cas où les autres puissances répondraient et où je devrais agir de même, je me suis fait autoriser par l'empereur à déclarer au bey que l'Allemagne n'a qu'un conseil à lui adresser, celui de donner au plus vite satisfaction à la France et de chercher à la désarmer par sa soumission. »

Ije chancelier ne s'en tenait pas à ces déclarations faites directement à l'ambassadeur de France. Il les répétait à des tiers, à des membres du corps diplomatique, désireux que son opinion fût connue et répandue. Il disait à ses confidents :

« Un grand peuple comme la France a besoin d'expansion extérieure ; il lui faut des satisfactions de politique étrangère. S'il en trouve dans l'orbite de son domaine méditerranéen et africain, il sera moins disposé à tourner ses revendications et ses tentatives sur les provinces que la guerre

lui a coûtées en 1870. La France satisfaite en Algérie ou dans le Levant, c'est pour l'Allemagne la tranquillité sur les bords du Rhin. »

Imbu de cette idée, ce qui prouve tout au moins qu'il ne connaissait pas le peuple français et qu'en se flattant de l'espoir de le détourner de l'Alsace-Lorraine, il se trompait lourdement, il redoublait d'efforts pour le prendre au piège. Au mois d'octobj'e , Hohenlohe remplacé à la Wilhelmstrasse par le comte de Hatzfeld, quittant Berlin pour aller reprendre à Paris possession de son ambassade, il le chargeait de déclarer à Barthélémy Saint- Hilaire " qu'il désirait toujours les succès du gouvernement français en Tunisie. » Il le prouvait en exerçant en Angleterre et en Italie une action persuasive en notre faveur et en amenant le cabinet de Londres, après la signature du traité deTunis, à se résigner à ce qu'il ne pouvait plus

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