CHAPITRE XIII Î
empêcher et à accepterles faits accomplis. Dans cette campagne dont le but apparaît si visiblement, l'empereur, chapitré par lui, le secondait en enveloppant l'ambassadeur d'approbations données à la politique française et d'encouragements à y persé- A-érer. A un dîner intime chez le duc de Sagan auquel assistait Guillaume I", il félicita Saint- ValUer et lui tint un discours dont la forme oratoire autorise à penser qu'il avait été préparé d'avance et appris par cœur; il le récita comme une leçon.
« Le chancelier m'a rapporté vos entretiens avec lui et avec le comte de Limbourg, les explications que vous avez données sur vos mobiles et sur vos vues ; impossible, si l'on est impartial, de n'en pas reconnaître la légitimité et la modération. Votre expédition, nécessitée par des agressions sauvages contre vos populations, par des désirs de justice à vos nationaux, se justifiait d'elle-même par l'objet
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qu'elle avait en vue, la défense tle vos frontières, la sécurité de vos possessions, le respect de vos droits, et je me félicite que l'attitude de mon gouvernement vous ait été utile pour atteindre votre but sans trop de difficultés extérieures. Votre cause dans cette affaire est celle de la civilisation et l'on ne saurait vous contester le droit d'étendre votre influence, votre autorité dont toute l'Europe sera appelée à bénéficier parmi les peuplades barbares qui entourent a^os possessions africaines lorsqu'on reconnaît ce droit à l'Angleterre et à la Russie dans d'autres régions. Vous auriez annexé la Tunisie directement au lieu de vous contenter d'un traité de garantie, qu'on n'aurait pu vous opposer des objections bien valables. Est-ce que depuis vingt ans, la Russie n'a pas annexé l'immense plateau de l'Asie Centrale, ce que je suis loin d'ailleurs de désapprouver? Est-ce que l'Angleterre n'en a pas fait