‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 111 sur 161 · CHAPITRE XUI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XUI

les vastes desseins dont la guerre du Danemark avait été le prologue. Saint-Valliei', qui n'avait jamais été partisan d'une alliance franco-russe et qui même la redoutait, ajoutait avec une entière bonne foi :

«Pournous,notreintérétestde garder de bonnes relations entre outre-Rbin et outre- Mancbe. Nous serons plus forts ainsi que si nous étions réduits à une seule alliance. Il n'y a que deux puissances avec qui nous pouvons nouer des relations utiles, l'Allemagne et l'Angleterre, la Russie et l'Autricbe ayant abdiqué entre les mains de Berlin. "

A la date où Saint-Vallier constatait cette double abdication, — juillet 1881, — elle était vraie pour l'Autricbe depuis la conclusion de l'alliance austro-allemandeet pour la Russie depuis la mort tragique du tsar Alexandre II assassiné à Saint-Pétersbourg le 13 mars précédent. Mais tandis que celle de l'Autricbe était définitive,

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celle de la Russie n'était cju' accidentelle. Alexandre III, au lendemain du trépas de son père, prenait l'initiative d'un rapprochement aA'ec l'Allemagne et l'Autriche et s'attachait à reconstituer l'alliance des trois empereurs, édifice fragile qu'on verra bientôt s'effondrer, tandis qu'en face de ses ruines, s'élève le monument de l'alliance franco-russe dont le même Alexandre III, exaspéré par les déloyautés de Berlin, avait pris l'initiative. Après l'assassinat de son père, cette alliance semblait bien improbable. Cependant, de bons esprits la souhaitaient, peut-être même la prévoyaient. Dans le nombre, figurait le général Chanzy. Depuis qu'il représentait la France à Saint-Pétersbourg, il avait à plusieurs reprises causé avec Bismarck et, plus pénétrant que Saint- Vallier, il avait mieux deviné les desseins du dictateur allemand. Il les dénonçait au gouvernement de la République avec

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