CHAPITRE XIV
été prise au sérieux par personne et plusieurs journaux 1 ontplaisantée à l'unisson. Elle arrivait eu effet fort maladroitement au lendemain d'une déclaration solennelle faite à latribmie par le prince de Bismarck lui-même disant qu'il regardait la paix européenne comme assurée pour longtemps. La feuille berlinoise se contredisait à trois jours dintervalle, et après avoir affirmé dans un article pompeux de satisfaction qu'aucun sujet d'inquiétude n'assombrissait l'horizon, elle lançait trois jours plus tard son brûJot, qui a eu pour effet d'alarmer toute l'Europe. »
Telle était la situation lorsque Alexandre II fut assassiné. Dès lors les rapports de Saint-Pétersbourg avec Berlin subissaient peu à peu des modifications profondes. Déjà par suite des nombreux attentats commis en Russie sur la personne de plusieurs grands fonctionnaires et les tentatives d'assassinat dont Guillaume I" et
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Alexandre II avaient été l'objet, produisaient l'effet qu'on devait en attendre; dans toutes les cours l'effroi régnait. On a vu plus haut avec quelle émotion Guillaume V laissait se trahir le sien. Après les attentats de Hœdel et de Nobiling, il avait émis l'idée d'une entente entre tous les Etats à l'effet de prévenir de nouveaux crimes. Depuis, elle semblait s'être dissoute dans des entretiens platoniques sans caractère officiel. Il s'étonnait et s'attristait qu'elle n'eût pas trouvé plus d'écho parmi les souverains, comme s'ils n'eussent pas eu le même intérêt que lui à désarmer les assassins. Mais voici qu'Alexandre II à peine dans la tombe, elle renaissait. Au Reichstag, plusieurs députés, sur la proposition de Windhorst, demandaient qu'on détruisît le droit d'asile là où il existait et Bismarck approuvait leur initiative. A Vienne, le mouvementenfaveurd'une nouvelle législation internationale n'affectait