‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 118 sur 161 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

pas moins d'activité. Cette réforme nécessaire, en vue de laquelle on invitait tous les gouvernements à s'unir, était en outre présentée comme ayant pour les trois cours du Nord un intérêt primordial ; elle serait la preuve de leur rapprochement et le prologue delà reconstitution de leur ancienne alliance. A Paris on reconnaissait que des mesures de préservation s'imposaient; la même opinion se manifestait en Italie et même en Angleterre. A la Chambre des communes, sir William Harcourt, parlant au nom du gouvernement, déclarait que les complots de meurtre ourdis par les sociétés secrètes devaient être considérés comme des crimes ordinaires : « Ils doivent être assimilés aux crimes de droit commun qu'il n'y a lieu ni de souffrir ni d'excuser sous prétexte de politique. "

Sur ces entrefaites, les cabinets européens recevaient du gouvernement russe une proposition qui semblait répondre aux

questions diverses qui s'agitaient autour d'eux. Alexandre Illles invitait à examiner dans une délibération commune les mesures pratiques qu'il y aurait lieu d'adopter dans un intérêt général. Dans la circulaire qui leur était adressée par le ministre de Giers, on disait : u En proposant la réunion d'une conférence à cet effet, nous avons la conscience de nous inspirer non point seulement des préoccupations bien naturelles causées par le dernier attentat, mais aussi du désir de rechercher avec tous les gouvernements intéressés les moyens de raffermir les bases de l'ordre social sans qu'une pareille délibération puisse porter atteinte à la plénitude de leur droit souverain en matière de législation intérieure. » Cette note, datée du 30 mars, fut communiquée par le prince Orloff au ministre Barthélémy Saint-Hilaire à qui il en laissa copie, après lui en avoir donné lecture. Soumise à l'examen du gouvernement et

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