‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 119 sur 161 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

quelque désir qu'il eût de donner satisfaction à la Russie, il ne lui parut pas qu'elle pût être acceptée sans provoquer des protestations dans les partis avec qui il était tenu de compter. On pouvait craindre en effet que dans une conférence qui réunirait les représentants de nations si différentes les unes des autres par les mœurs, par les habitudes et par le régime politique, les débats ne tournassent rapidement à la querelle surtout si les puissances autocratiques étaient amenées à critiquer les idées et les vues des nations libérales. En raison de ce danger qu'il était aisé de prévoir, étant donné aussi que ni l'Angleterre ni l'Italie n'adhéraient à la réunion d'une conférence, le gouvernement français fut d'avis qu'il serait plus simple de recourir à des traités d'extradition pour la conclusion desquels seraient ouvertes des négociations successives, qui coordonneraient la matière et qui aboutiraient au résultat que

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souhaitait la Paissie. Le général Clianzy fut chargé d'exposer au cabinet de Saint-Pétersbourg cette manière de voir et de donner les raisons qui la justifiaient.

La communication fut accueillie sans surprise; on s'y attendait, mais de Giers, tout en reconnaissant la légitimité des motifs qu'on alléguait et tout en déclarant que le gouvernement impérial attachait plus de prix au résultat des négociations qu'à leur forme, laissa entendrequileùt préféré voir les solutions qu'il y avait lieu de prendre revêtuesde l'autorité d'une conférence dans laquelle toutes les puissances seraient représentées. S' étant convaincu par le langage de^Chanzy que cette satisfaction ne pouvait lui être donnée par la France, il avoua à son interlocuteur qu'il s'attendait à recevoir de Londres et de Piome une réponse analogue.

En même temps, le cabinet de Paris chargeait le comte de Saint-Vallier de

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