CHAPITRE PREMIER
nom de " crise de 1875 >'. Nous n'en voulons retenir qu'un trait à savoir que Bismarck ne pardonna jamais à Gontaut le rôle joué par celui-ci dans cette affaire et la clairvoyance avec laquelle il avait contribué, de concert avec le duc Decazes et le général Le Flô, à déjouer la manœuvre du chancelier.
Jusqu'à ce jour, et malgré les discussions toujours courtoises mais parfois assez vives qui les mettaient aux prises, les relations des deux personnages étaient restées cordiales. Bismarck se défiait des opinions royalistes de l'ambassadeur français, le rétablissement d'une monarchie en France étant considéré par lui comme le plus grand malheur qui pût arriver à l'Allemagne.
Il disait volontiers que tant que la France resterait en république, elle n'était pas à craindre et qu'elle ne deviendrait redoutable que si la royauté y était rétablie,
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parce cfu' alors, elle ti'ouvej-ait des alliances qiie le régime répiablicain n^e liai permettait pas de contracter. Tiomtefois cette cpiniom, dont on retrouve les échos dans sa correspondance avec le comte d'Arnim et dans ses confidences à son bistoriograplie Moritz Busciî, n'était pas formulée par lui comme un grief contre le représentant delà France. Mais il n'en fut plus de même après la crise de 1875.
A dater de ce moment, Gontant de\ie«t de sa part l'objet d'une malveillance systématique. Il incrimine la faveur dont ce brillant gentilbioimme, allié aux grandes familles de l'aristocratie mondiale, jouit à la cour de Berlin. Il ne liai pardonne pas d'y avoir accès et d'y être l'eçu presque comme un ami. Il l'accuse d'avoir inventé de toutes pièces, avec la eomplicité de l'impératrice Augusta et de la princesse impériale, les projets belliqueux qu'on lui attribue et qu'il affirme n'avoir jamais