‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 13 sur 161 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

existé. Il comprend dans la même accusatiou la reine de la Grande-Bretagne et le chancelier de Russie Gortschakoff. Maie, à l'en croire, c'est Gontaut qui a machiné cette intrigue et, dès lors, il lui voue ain ressentiment qui ne s'apaisera plus. Il demande son rappel en alléguant « que les opinions légitimistes et ultramontaines de M. de Gontaut, ses relations d'amitié avec les adversaires du gouvernement allemand ne permettent pas que les rapports entre lui et le cabinet de Berlin restent satisfaisants. Si le gouvernement français veut que le prince de Bismarck lui conserve sa confiance, il doit remplacer M. de Gontaut. Il y va de la bonne entente entre ies deux pays. »

Ces propos étaient au plus ha?ut degré calomnieux ; notre ambassadeur n'avait à se reprocher que l'accueil qu'il recevait à la .cour. Aussi le duc Decazes refusa-t-il d'obéir à l'injonction qui lui était faite.

C'est seulement après sa chute que son successeur Waddington donna satisfaction au chancelier, ayant reconnu — ce qui était vrai — que le maintien de Gontaut constituait une entrave à la honne marche des affaires, le chancelier ayant rompu ses relations personnelles avec l'ambassadeur et laissé à Biilow, le secrétaire d'État, le soin de le recevoir.

C'est au mois de décembre 1877 que Gontaut fut rappelé. A peine en possession de la nouvelle, Bismarck écrivait : « Le changement de l'ambassadeur de France m'a causé une joie extraordinaire. Si quelque chose pouvait développer chez nous la confiance dans les dispositions pacifiques de la France, c'est bien le rappel de Gontaut, qui avait noué d'étroites relations avec tous les éléments hostiles de l'empire. " Il entassait ainsi mensonges sur mensonges pour se justifier d'être resté deux ans sans recevoir l'ambassa-

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