CHAPITRE XV
possible de ne pas m'inquiéter, c'est la menace du fait de la Russie d'une sorte de sainte-alliance des États monarchiques absolus contre ceux qui servent d'asile à la révolution cosmopolite. Il est faux que l'Allemagne en ait pris ou en veuille prendre l'initiative comme l'ont dit les journaux de Vienne, mais je ne sais si elle refuserait de se joindre à la Russie dans le cas d'une proposition de celle-ci. »
Dans la même lettre, il déplorait les agitations gouvernementales et parlementaires qui se succédaient à Paris et témoignaient du désarroi des hommes chargés du pouvoir.
« C'est déplorable, écrivait-il, au point de vue extérieur. Cette annulation du gouvernement nous met dans une bien fâcheuse posture vis-à-vis de l'Europe. Jamais les événements qui se succèdent dans le monde n'ont nécessité la présence à la tête de nos affaires d'un pouvoir fort, sachant vouloir
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et exécuter sa volonté ; et nous en sommes si loin ! »
Passant à la question extérieure, il gémissait sur les lenteurs qui caractérisaient en ce moment l'action que nous avions engagée en Tunisie ; elles lui semblaient inexplicables alors que nous étions assurés des encouragements et de l'appui de l'Allemagne.
« Je pleure des larmes de sang en nous voyant perdre par faiblesse à Tunis et notre sécurité en Algérie et notre situation dans le bassin de la Méditerranée. C'est là que devraient se porter aujourd'bui toutes nos forces, toutes nos préoccupations. La question grecque et autres sont des affaires platoniques pour nous et terriblement secondaires à côté de celle qui peut nous coûter les restes de notre grandeur du seul côté où nous en ayons encore conservé quelques débris. »
Peut-être estimera-t-on que ces ré-