CHAPITRE XVII
tein, l'empereur d'Autriche s'était rendu à Munich pour rencontrer le roi de Saxe en visite chez le roi de Bavière, à Friedrichshafen pour rencontrer le roi de Wurtemberg et à l'Ile de Macnau pour rencontrer le grand-duc de Bade. Mais, objectait-on, ce n'étaient là que des démarches de courtoisie sans portée politique et qui devaient être interprétées seulement comme une preuve du caractère intime et cordial de l'alliance austro-allemande.
Sur les débats de presse auxquels don- ' naient lieu ces incidents tombait tout à coup une nouvelle autrement significative. Le 7 septembre, à Dantzig où Guillaume I" assistait à ses grandes manœuvres, Alexandre il[ était venu lui donner l'assurance qu'il resterait fidèle à la politique extérieure de son père. Mais, malgré cette déclaration, la visite était considérée plus encore comme un témoignage d'affection familiale que comme un acte politique. Les
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journaux de Berlin affirmaient qu'il n'y fallait pas voir une nouvelle alliance des trois empereurs, mais une expression de leur désir réciproque de maintenir de bons rapports entre eux. C'était tout ce qu'on pouvait espérer depuis que le traité de Berlin, en plaçant la Russie et l'Autriche face à face dans la péninsule des Balkans, avait compliqué le problème slave bien loin d'en faciliter la solution. L'Autriche, poussée vers Salonique par la main implacable de sa puissante alliée, était vouée dans un avenir plus ou moins éloigné à une terrible lutte de races sans laquelle il serait difficile qu'elle parvînt à poser définitivement son sceptre sur l'Orient.
« Cette lutte , écrivait-on , atteindrait l'x^llemagne elle-même et ces deux États, en présence du désordre des idées qui règne actuellement en Russie, de l'irrésolution de son gouvernement, des intrigues qui l'assiègent, delà liberté et de la faveur