CHAPITRE XVIII
de partir pour Paris, et c'était à leurs yeux une preuve de son intention de se retii'er. Ils devançaient ainsi les événements, car il n'avait pris encore aucune décision; il faisait démentii* ces bruits tendancieux. Mais ses porte-parole avaient le tort d'ajouter au démenti l'assurance qu'il ne se démettrait pas même dans le cas où Gambetla aiTiverait au pouvoir. C'était beaucoup s'avancer alors qu'il était en proie à des incertitudes inspii'ées par les plus honorables scrupules et qu'afin de prendre un parti en connaissance de cause, il était venu en France.
A ce moment, l'opinion y était vivement surexcitée par la nouvelle mise en circulation depuis quelques jours, d'une entrevue de Bismarck avec le chef du futur ministère. Laissant volontaii'ement de côté ce qui a été dit et écrit à cette occasion, nous l'appellerons seulement que, d'une manière générale, la nouvelle était prise au sérieux
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par (les personnages considérables, tels que le général d'Abzac, ancien aide de camp du maréchal de Mac-Mahon, dont on connaissait les relations avec la cour de Berlin. Ces personnages étaient d'accord sur la réalité de l'entrevue, mais différaient d'avis sur le point de savoir si elle avait eu lieu ou n'était qu'en projet et si c'est à Varzin ou à Friedrichsruhe que les deux grands acteurs de cette comédie s'étaient rencontrés ou devaient se rencontrer. A ce propos, Saint- Vallier, dans une lettre que je tire comme les précédentes de sa correspondance privée, me mandait :
" Mes informations sont en complet désaccord avec l'assertion de d'Abzac.
Bien vu à la cour et placé par ses alliances de famille dans le clan opposé au chancelier, le général me paraît avoir rapporté un des racontars qu'on fait fréquemment circuler dans cette fraction du monde berlinois qui est en hostilité avec la coterie