CHAPITRE XVIII
Bismarck. Je continue donc à ne pas croire àrentreviie,bienquerassertiondecl'Abzac soit plus sérieuse que les autres qui ne sont que ridicules. Il faut ignorer la carte de l'Allemagne, la position de Varin et de Friedrichsrulie à deux extrémités de la Prusse, la difficulté de mouvement et de voyage du chancelier pour prendre au sérieux de tels bruits. En admettant, ce que je persiste à mettre en doute, qu'il y ait eu entrevue, elle n'aurait pu avoir lieu qu'à Varzin d'où le chancelier n'a pas bougé depuis deux mois. J'ignore si Gambetta a voyagé dans ces parages il n'y a pas longtemps, s'il est allé par exemple à Dantzig qui en est rapproché; s'il y est allé, l'invraisemblance diminue. Je saurai bientôt à quoi m'en tenir. "
Les renseignements ultérieurs ont justifié les doutes de Saint- Vallier ; il n'y avait pas eu d'entrevue, et il n'y en eut pas. Elle fut contremandée par Gambetta,
en raison d'un deuil de famille, après avoir été effectivement décidée par l'entremise de personnages que, pour l'honneur de sa mémoire, on serait heiu'eux de ne pas voir figurer dans cette intrigue.
Cependant, en France, la crise rainistérielle, depuis longtemps prévue, avait éclaté ; ravènement de Gambetta ne faisait plus doute et dans la conscience de Saint- Vallier se posait plus impérieusement encore la question de savoir s'il devait conserver son poste. On se rappelle qu'une première fois déjà, lors de la chute de Waddington, il avait voulu se retirer et que s'il ne donna pas suite alors à la décision vers laquelle il était naturellement entraîné, c'est, d'une part, qu'il craignait, en se retirant, d'affaiblir les bons rapports qui s'étaient créés pendant sa mission entre le cabinet de Paris et celui de Berlin et que, d'autre part, il eût voulu n'être pas seul dans le corps diplomatique français, à