CHAPITRE XVIII
prendre un parti aussi radical. Il n'y a aucun inconvénient aujourd'hui à rappeler que s'il resta à son poste, ce fut à l'instigation du général Ghanzy . Dans une lettre où il expose ses scrupules et développe ses raisons, il écrit :
« Le général Ghanzy est dans d'autres idées ; il croit que nous devons rester quand même pour le moment et il m'a conjuré à son passage de ne pas céder au dégoût fet à la fatigue dont je lui faisais part. »
Mais s'il avait alors cédé à des conseils amicaux, il était moins disposé maintenant à les écouter à la veille d'un changement ministériel qu'il considérait comme un danger. Néanmoins, il y avait encore beaucoup d'hésitation dans son esprit. Le 2 novembre, étant à Paris, il interrogeait à l'ambassade d'Allemagne le prince de Hohenlohe, afin de savoir si le gouvernement allemand continuerait à avoir confiance dans les intentions pacifiques du gouver-
nement français, lors même que Gambetta entrerait au ministère. Sur l'assurance qui lui fut donnée que le ^gouvernement allemand entretiendrait de bonnes relations avec le ministère Gambetta " qui s'imposait à la France comme une nécessité " et qu'à Berlin on serait heureux de voir le comte de Saint-Vallier demeurer à l'ambassade de France, il se déclara satisfait; " mais reste à savoir, observa-t-il, si Gambetta ne préférait pas se séparer de moi. »
Il est aisé de voir que sa satisfaction n'était qu'apparente. Mal(>ré la réponse de Hohenlohe, ses indécisions conservaient toute leur vivacité. Le lendemain il rentrait à Berlin et prenant la plume au débotté, il me les confiait :
« J'attends ici demain matin mon ami le général Chanzy qui passera vingt-quatre heures chez moi avec sa famille en s'en retournant à Pétersbourg ; je verrai ce qu'il dit et pense et je partage votre idée sur