CHAPITRE XIX
LA FIN d'une mission
Ce fut le 1 7 novembre.
Quand on se rappelle les preuves de prudence et de modération que donna dès ses débuts le nouveau président du Conseil, on peut aisément en conclure que les propos qu'il tint à Saint-Vallier furent rassurants. Nous serions donc en droit de nous étonner que l'ambassadeur ait maintenu son dessein de se retirer si nous n'avions lieu de soupçonner qu'on ne fit rien pour le retenir. Gambetta le remercia de ses services, rendit justice à ses mérites, mais
laissa entendre qu'il trouvait naturel qu'on cédât à d'honorables scrupules.
Bien que la conversation eût été courtoise autant qu'elle devait l'être, Saint- ValHer, lorsqu'elle prit fin, était démissionnaire. On lui demandait seulement de retourner à Berlin, d'y rester jusqu'à la nomination de son successeur, en ajoutant, ce qui était d'ailleurs inutile, qu'on attendait de son patriotisme qu'il s'attacherait à convaincre le gouvernement allemand que son départ n'altérerait en rien les relations cordiales qui s'étaient établies entre la Wilhelmstrasse et le quai d'Orsay. « Affirmez, dit Gambetta, que ma politique se résumera comme suit : maintien avec fermeté de l'ordre au dedans, tout en respectant les libertés publiques et avec dignité de la paix au dehors. "
La formule était heureuse et rassurante pour tous les gouvernements; elle ne différait en rien du langage qu'avaient succès-