‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 150 sur 161 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

sivement tenu tous les présidents de la République qui s'étaient succédé depuis 1871 et les ministres qu'ils avaient choisis; aussi n'est-il pas téméraire de supposer que Saint-Vallier regretta d'avoir parlé de démission durant les semaines précédentes avec trop d'insistance et entraîné le général Chanzy à prendre une résolution conforme à la sienne. Ce regret dut s'accroître lorsqu'il vit Gambetta demander leur collaboration à des hommes tels que le général de Miribel et le journaliste J.-J. Weiss appartenant à ce qu'on appelait alors le parti réactionnaire et nommer le comte de Ghaudordy, membredela droite, à l'ambassade de Saint-Pétersbourg. « Je prends les hommes là où je les trouve ", répliquait-il aux personnes qui considéraient ces nominations comme des imprudences et presque comme un défi jeté aux partis avancés. On se rappelle qu'elles lui furent aussitôt imputées à grief par des hommes dont il avait

naguère excité les passions et les convoitises ; ils lui firent expier peu après leurs désillusions. Les partis avancés ne pardonnent pas aux politiciens qui parvenus au pouvoir tentent de réagir contre les opinions qu'ils flattaient quand ils étaient dans l'opposition. Si Saint-Vallier avait eu le regret de sa détermination, la chute prématurée de l'homme dont il s'était trop défié dut le consoler de s'être condamné à la retraite. Quant à Chanzy, démissionnaire lui aussi, Gambetta tint à honneur de lui rendre l'hommage que méritait le glorieux combattant de 1870. Le commandement de l'armée de l'Est lui fut confié.

En se séparant de Gambetta, le comte de Saint-Vallier avait pris l'engagement, nous l'avons dit, de lui envoyer de Berlin toutes les indications susceptibles de donner au gouvernement français l'impression la plus exacte des sentiments qu'inspirait à

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