‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 154 sur 161 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

cautions afin, si un dissentiment surgissait, de pouvoir dire qu'il a accueilli avec confiance votre gouvernement et n'a pas été l'agresseur. Son but, en ce cas, serait de jouer le jeu qui lui a si bien réussi en 1870,^ où l'aveugle ignorance et l'imprudente maladresse des ministres de Napoléon III lui ont permis de prendre l'Europe à témoin qu'en se résignant à la guerre, l'Allemagne ne faisait que répondre à une provocation. ')

Au moment où, par cette réponse, Saint-Vallier prouvait une fois de plus qu'il ne se laissait pas tromper par des apparences et dressait ce tableau suggestif de la situation qu'il léguait à son successeur, il était averti que celui-ci venait d'être désigné et on le chargeait de le faire agréer par la cour de Berlin. C'était le baron de Courcel, diplomate de carrière, dont les services antérieurs à la direction politique de la chancellerie avaient eu

assez d'éclat pour répondre du savoirfaire et de l'autorité qu'il apporterait dans l'exercice des fonctions qui lui étaient confiées.

L'agrément de l'empereur Guillaume ne se fit pas attendre; il fut immédiat et la courte négociation, à laquelle donna lieu le choix du nouvel ambassadeur de France à Berlin, fut la dernière dont Saint-Vallier eut à s'acquitter. Le 16 décembre, après s'être définitivement assuré que le baron de Courcel serait aussi bien accueilli qu'il l'avait été lui-même quatre ans avant, il fut reçu par l'empereur et lui présenta ses lettres de rappel. Guillaume I" lui exprima le regret qu'il ressentait en le voyant partir. Peut-être y eut-il dans l'expression de ces sentiments quelque chose de plus qu'une formule de politesse et l'ambassadeur était dans son rôle en le supposant, car il pouvait se flatter de n'avoir rien négligé pour imprimer aux relations de la France avec

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