CHAPITRE II
États du Sud et que si elle ordonnait, ils devraient obéir. Néanmoins les espérances françaises, bien qu'il y entrât une part d'illusion, n'étaient pas sans fondement; les incidents qui se déroulaient en Bavière, dans la Hesse-Darmstadt, dans le Wurtemberg permettaient de prévoir que des exigences de la part du gouvernement prussien provoqueraient des manifestations particulaiisles.
En Bavière, le jeune roi Louis II prêtait inconsciemment la main à la politique bismarckienne. Léger, fantasque, instrument docile de favoris qui l'adulaient et qu'on savait dévoués à la Prusse, il se laissait traiter comme un dieu et se laissait dire qu'il était un souverain absolu, libre de faire ce qui lui plaisait. Sa conviction à cet égard était si forte que le roi de Wurtemberg étant allé à Municb pour essayer de convertir son voisin à des idées plus sages, plus conformes surtout à l'intérêt
desr deux royaumes, sa démarche était restée vaine et le roi Louis, par son attitude inconsidérée, avait excité contre lui l'aEriraosité du plus grand nombre de ses sujets.
Ce n'est piais cependant qu'il fût disposé à jiouer le jeu du gouvernement prussien; loi-squi© au mois de mai, Bismarck lui faisait dire que l'empereur Guillaume serait heureux de recevoir sa visite, ri trouîvait un prétexte poiur décliner l'invitation > En réalité y son attitude résultait de son désir de ne pas laisser réduire l'arméev contrairement à la volonté de son peuple qui demandait une large réduction des effectifs.
Cette volonté s'affirmait au mois de mars 1870, dans urn progranaime politique que publiait le parti patriode bavarois; il prétendait briser les chaînes forgées par le canon de SadoAva.Dans ce programme, rédigé par Windhorst, l'ancien ministre
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du roi de Hanovre, on n'allait pas jusqu'à avouer celte intention; oix se bornait à exposer les coîiditions dans: lesquelles devaient être réglés les rapports de la Bavière avec La Prusse pour échapper au joug militaire de celle- ci. L'accord se faisaif entre les autonomistes de Bavière et ceux die Wurtemberg, malgré la résistance du souverain bavarois.
A Stuttgard, le roi Charles, marié- à la princesse Olga, fille du grand-duc Constantin et sœur du tsar Alexandre II, ne dissimulait pas les ressentiments très amers que lui suggérait la politique de la Prusse ; il' s'irritait contre le représentantdte celle-ci, le baron de Rosemberg, qui se livrait à des intrigues annexionnistes de concert avec des hommes connus pour leur hostilité envers la dynastie.
Le grand-duc de Hesse n'était pas mieux disposé pour le gouvernement de Berlin.
IMais sa ^tuation était plus^ difficile* que
celle de ses voisins, une partie de ses États appartenant à l'Allemagne du Nord et l'autre à l'Allemagne du Sud. Au mois d'avril, il se décidait à rendre à l'empereur les visites qu'il avait reçues de lui depuis 1866 et auxquelles il n'avait jamais répondu. C'était une démarche toute de convenance, mais on ne s'en inquiétait pas moins à Munich et à Stuttgard, Le baron de WarnbuUer, chef du gouvernement wurtembergeois, cherchant à savoir à quoi s'en tenir sur les intentions du grand-duc, faisait interroger Bismarck qu'on surprend ici, comme on devait le faire en tant d'autres circonstances, s' expliquant avec une bonhomie mêlée de cynisme et sans qu'on puisse dire s'il est sincère ou s'il ment.
« Le voyage du grani-duc n'a aucune portée politique, dit-il; il est uniquement inspiré par des devoirs de courtoisie visà-vis du roi Guillaume, lequel étant allé plusieurs fois à Darmstadt, se trouvait