CHAPITRE II
froissé que le grand-duc ne ftit jamais venu lui rendre ses visites à Berlin. Vous savez combien mon souverain tient à ces choseslà, auxquelles pour ma part je n'attache aucune importance. J'ai dû insister vivement auprès du grand-duc afin de complaire au roi, mais ce n'est pas sans peine qu'on est parvenu à le décider. Ce voyage, je le répète, n'a rien à faire avec une éventualité quelconque de l'admission de la Hesse dans notre Confédération. »
Après avoir longtemps brodé sur ce thème, Bismarck termine par cette extraordinaire déclaration :
" Rappelez-vous qu'il ne faut pas prendre mes discours dans le Reichstag comme parole d'Évangile. Regardez comme sincères les déclarations que je vous fais à vous, ici où personne ne nous entend ; mais là-bas, à la tribune, il n'en est pas de même, et il me faut varier plus ou moins selon les exigences parlementaires. »
30 MISSION DU G^f- DE S AINT-V A LLIEH
On peutvoirpar ces traits, qui pourraient être multipliés abondamment, quelles étaient, à la veille delà guerre, les dispositions des États du Sud; on ne doit donc pas s'étonner si, lorsque, au mois de juillet, éclate l'affaire HohenzoUeru, ils sont saisis d'indignation, de stupeur et d'effroi. Ils s'irritent contre Bismarck, et l'accusent de provoquer la guerre pour peser sur eux en faisant jouer le casus fœderis. Un jourmal de la Hesse écrit :
« La Prusse peut avoii' des raisons personnelles pour tirer le canon ; mais elle me peut vouloir que le peuple allemand la suive. La guerre que va faire M. de Bismarck ne sera pas une guerre nationale.
Celle dont il est question soiilèverait le couiTOMX du peuple allemand ; le peuple prussien ferait là une mauvaise action sans seconde dans l'histoire... Nous autres, depuis que nous sommes dans la gloire, c'est-à-dire depuis que nos troupes sont