‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 20 sur 161 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

terre et par l'Autriche, avec la complicité de Bismarck, se préparait à reviser le traité de San-Stefano. Les négociations engagées pour faire accepter d'avance au gouvernement russe les décisions que prendrait ce Congrès, traînaient en longueur et se heurtaient à des obstacles dont l'Europe s'alarmait.

Des difficultés nonmoins graves, quoique d'une autre nature, se multipliaient à l'intérieur de l'empire. A la veille même du Congrès, elles allaient devenir plus inquiétantes, car déjà on sentait monter, autour des institutions impériales, le flot sans cesse grossissant du socialisme dont les progrès, dans ces dernières années, étaient devenus singulièrement encourageants pomles fauteurs de désordre. Les (39 voix qu'à Berlin les élections pour le Reichstag lui donnaient en 1867 avaient suivi une progression telle que, dix ans plus tard, en 1877, il en recueillait plus de 30000.

36 MISSION DU C^e DE S AINT-V ALLIER

Les Allemands, qui s'étaient longtempsflattés d'être àl'abri de ce fléau et s'étaient plu à penser qn il ne franchirait pas leurs frontières, le voyaient avec stupeur se développer. En 187G, Bismarck avouait que « le socialisme était avec l'ultramontanisme le plus grand ennemi que l'empire eût à combattre " . Après avoir affecté de prendre en pitié les pays que menaçaient les doctrines anarchistes, on s'alarmait maintenant et par toute l'Allemagne régnait une inquiétude. qui était l'écho de l'immense déception dont souffrait, dans son orgueil, le gouvernement allemand.

Tels sont résumés à grands traits les incidents qui, sans parler dukulturkampf dont lafin s'annonçait, agitaient l'Allemagne au début de l'année 1878 lorsque Saint-Vallier débarquait dans la capitale.

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