CHAPITRE III
LES DÉBUTS d'uN AMBASSADEUR
Le surlendemain, il recevait la visite du comte de Bùlow, secrétaire d'Etat à la Wilhelmstrasse, lequel venait lui apprendre que l'empereur s'était informé de son arrivée et le recevrait aussitôt qu'il le demanderait. Bismarck, qui était alors à Varzin, lui faisait dire qu'il se réjouissait de sa nomination.
« Oui, ajouta Biilow, nous sommes heureux de vous voir ici, car vous représentez une politique absolument conforme aux vues pacifiques et amicales de notre gouvernement à l'égard de la France. Je suis, en vous parlant ainsi, sans aucune
espèce de réserve, l'organe du chancelier. Il n'en aurait pas été de même avant le 14 décembre qui a vu disparaître les hommes du JG Mai. Us nous inspiraient des défiances bien motivées, car nous ne pouvions voir en eux que des serviteurs du parti ultramontain et le produit de la coalition des partis monarchiques, formée pour détruire la République et la remplacer par Tune des anciennes monarchies qui n'aurait pu se maintenir qu'en nous faisant la guerre. Avec un ministre comme M. Waddington et un ambassadeur comme M. de Saint-Vallier, nous n'avons plus les mêmes craintes. »
Ce secrétaire d'État terminait en décrivant le séduisant tableau de ce que seraient désormais les rapports de l'Allemagne avec la France et de leurs représentants. Il y mettait tant d'éloquence que Saint- Vallier glissait railleusement cette courte remarque : " Ce sera l'âge d'or. »