CHAPITRE III
fille de la Reine, que soo choix se serait porté. Au surplus, outre qu'il n'est point aisé de pénétrer dans les secrets des familles royales, un autre événement allait couper court à toutes les incertitudes avant ^ue ce jeune prince eût péri prématurément dans une aventure tragique. Alors qu'à Paris, on commençait à peine à se rassurer, on apprenait tout à coup que la princesse Thyra, recherchée par un prétendant dont il n'avait pas été question jusque-là, venait, avec le consentement de ses parents, de lui accorder sa main.
C'était le duc de Cumberland, fils du roi de Hanovre dépossédé de ses Etats par la Prusse en 1866. La nouvelle des fiançailles coupait court aux inquiétudes de Waddington, mais il avait eu bien peur.
Parallèlement à cet incident il y en eut un autre dont on parla moins et même pas du tout en vertu d'un ordre donné par le prince de Bismarck, et qui fut si rigoureu-
sèment exécuté qu'il en est à peine question clans les documents diplomatiques.
On découvrit un complot dont les auteurs se proposaient d'assassiner les principaux membres du Congrès et notamment les trois chanceliers : Bismarck, Gortschakoff et Andrassy. Les détails manquant sur l'événement, on ne peut que le mentionner.
Au surplus ces épisodes accidentels n'étaient pas pour détourner Saint-Vallier du but qu'il s'était proposé en acceptant l'ambassade de France en Allemagne. Son idéal consistait à établir avec le cabinet de Berlin des relations cordiales et à dissiper toutes les causes de dissentiment. Il avait amèrement regretté que l'Allemagne eût refusé de participer à l'Exposition universelle qui devait s'ouvrir à Paris en 1878. Il était maintenant trop tard pour qu'il pût espérer qu'elle reviendrait sur cette décision, mais il n'en était pas de même pour l'Exposition des Beaux-Arts, à laquelle le