‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 29 sur 161 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

gouvernement allemand pouvait concourir par le simple envoi des œuvres de peinture et de statuaire qu'il possédait dans ses musées ou dans ses collections particulières. Pénétré de la pensée qu'il pouvait y avoir là pour la France l'occasion d'une victoire diplomatique. Saint- Vallier avait rédigé un projet qu'il présenta à la Wilhelmstrasse; le secrétaire d'État Biilow le reçut de ses mains pour le soumettre au chancelier. Peu de jours après, le baron de Holstein, premier secrétaire de la chancellerie, venait faire à Saint- Vallier, de la part de Bismarck, une déclaration qui comblait ses vœux. Le gouvernement d'Allemagne consentait à prendre part à l'Exposition des Beaux-Arts.

« Je suis chargé de vous dire, ajouta l'envoyé du chancelier, qu'en vous choisissant pour venir la représenter à Berlin, la République française nous a remis une carte de visite amicale qui appelait la nôtre

et que nous sommes heureux de lui rendre. » Celait pour les débuts de l'ambassadeur un succès qui lui permettait d'augurer favorablement des démarches qu'il pourrait avoir à faire dans l'avenir. Le 6 mars, le prince Rodolphe, archiduc héritier d'Autriche-Hongrie, étant venu à BerUn, offrit un dîner à l'empereur Guillaume à l'ambassade austro-hongroise. Saint-Vallier y étant convié profita de l'occasion pour remercier le souverain allemand. Mais, dès ses premières paroles, Guillaume I" l'interrompit.

" Ne me remerciez pas, monsieur l'ambassadeur, fit-il; c'est moi qui devrais vous remercier, puisque votre attitude depuis que vous êtes parmi nous, me permet aujourd'hui de prendre une décision qui répond à mes plus vifs désirs. J'avais vivement regretté de ne pouvoir la prendre à une autre époque bien que je fusse animé déjà des mêmes vues qu'actuellement;

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