‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 36 sur 161 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

portants débouchés à donner à son commerce, à son industrie et, par-dessus tout, la satisfaction de demeurer sujets de l'empire sans être astreints aux impôts et aux charges de la métropole. A la faveur de ces considérations, le gouvernement germanique était conduit à modifier la politique qu'il avait pratiquée jusque-là quant à son action au delà des mers et, quelques mois après son arrivée à Berlin, l'ambassadeur de France voyait s'ouvrir la voie dans laquelle l'Allemagne allait marcher à grands pas vers le but, réalisé depuis, la constitution d'un empire colonial vaste et puissant.

Cette résolution prise, il ne reculera devant aucun moyen pour en assurer le succès, les journaux ne cesseront pas d'appeler l'attention sur le brillant avenir que promet au commerce allemand cette importante entreprise. Dès 1880, il fondera une grande société coloniale océanienne dont

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le développement sera le principal levier dont il compte se servir. Dans des tableaux statistiques publiés périodiquement , il montre les incessants progrès des écbanges de l'Allemagne avec ses établissements océaniens.

Ces progrès sont attestés ainsi par des cbiffres qui mettent en lumière l'importance des avantages rémunérateurs ; il démontre non sans orgueil que tandis qu'en 1868, le total des exportations allemandes n'atteignait pas 750000 marks, en 1880 il avait sextuplé. Dès lors, quel avenir économique n'était pas réservé à l'Allemagne ! ! Bien qu'encore à ce moment elle ne parût le chercber qu'en Océanie et que ses espérances ne semblassent pas se porter sur les contrées riveraines de la Méditerranée, ne pouvait-on prévoir qu'un jour viendrait où ses ambitions encore limitées ne subiraient plus aucun frein et se porteraient vers des rivages où d'au-

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