CHAPITRE V
et la presse allemande répondait qu'ils n'avaient rien appris et que c'était tant pis pour eux s'ils faisaient ajourner « les bienfaits qu'on leur réservait " .
A la veille de l'ouverture de la session, annoncée pour le 9 septembre, une opposition très vive s'agitait contre les lois nouvelles; le chancelier était contraint, pour obteni'.- certaines concessions, d'en promettre plusieurs autres; il chercbait un terrain d'entente pour annihiler ses adversaires, mais le parti du Centre ne se prêtait pas à des arrangements tels que les souhaitait Bismarck. L'un des chefs de ce grand parti, Schorlemer-Alst, avouait nettement qu'il repousserait les lois antilibérales :
« Si l'on m'offrait d'un côté la paix religieuse, disait-il, telle qu'elle existait avant le Kulturkampf et de l'autre la restriction des libertés publiques et l'augmentation des impôts, je me refuserais à cette
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transaction. La liberté religieuse ne peut exister sans la liberté civile, ni la liberté civile sans la liberté religieuse et ces deux biens étant inséparables, toute transaction est impossible. »
On pouvait donc craindre qu'une fois de plus les projets gouvernementaux fussent repoussés par le nouveau Reichstag comme ils l'avaient été par l'ancien. Mais cette éventualité ne se produisit pas, l'habileté du chancelier, son consentement à diverses modifications eurent raison de tous les obstacles et finalement la loi fut votée à la fin d'octobre.
Son application suivit immédiatement le vote. Déjà dans Berlin l'autorité militaire avait été investie de pouvoirs dictatoriaux : postes doublés et visités à tout instant, les soldats munis de cartouches à balle, la ville sillonnée de patrouilles nuit et jour; mêmes mesures dans les grandes cités de l'empire et enfin, de toutes parts,