‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 43 sur 161 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

affirmation par les journaux officieux de l'existence au dedans et au dehors de groupements anarchistes. Vraies ou inventées, ces rumeurs amenaient les populations à se résigner à ces mesures rigoureuses.

Néanmoins, les sociahstes redoublaient d'audace et les innombrables condamnations prononcées par les tribunaux restaient sans effet comme si elles n'eussent plus effrayé personne. Un témoin écrivait :

" Une explosion serait à craindre dans un pays moins accoutumé à se plier sous le joug d'une disciphne de fer; mais le gouvernement s'appuie sur deux forces puissantes et encore intactes, une dynastie respectée et incontestée, une armée fidèle et résolue. «

Au cours de ces événements, l'empereur s'était peu à peu rétabli et à Kissingen, où s'achevait sa convalescence, il s'irritait des retards que subissait l'exécution de sa volonté. Il en accusait son fils, sachant

que celui-ci n'approuvait pas les atteintes portées à la liberté et les dépensés engagées par le gouvernement sous le prétexte de défendre l'empire contre les fauteurs de complots, alors que la misère des classes ouvrières était à son comble. Lassé des reproches de son père, le kronprinz déclarait qu'il avait hâte de ne plus gou- A^emer et c'est avec une satisfaction marquée qu'il vit l'empereur reprendre les rênes du gouvernement, malgré les supplications de l'impératrice qui aurait voulu qu'il prolongeât sa période de repos.

Au mois de janvier 1879, Guillaume I", rentré à Berlin, recevait le corps diplomatique et lui annonçait l'intention de former contre les assassins une Sainte-Alliance entre les chefs d'État. Il s'engageait à ne pas faillir à sa tâche, mais il comptait sur l'aide des autres gouvernements. Il disait à l'ambassadeur de Russie :

« Écrivez à mon neveu que si j'étais

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