‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 44 sur 161 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

moins vieux et moins brisé, j'irais le trouver à Saint-Pétersbourg pour fêter avec lui la saint-Georges et m'unir à lui dans un serment commun et dans une confraternité d'armes et de danger au moment de commencer la croisade moderne contre les hommes de crime et de désordre. »

C'étaientlà des paroles de combat, destinées à rester sans écho. La Sainte- Alliance dont parlait le vieil empereur était inexécutable, dans l'état où se trouvait l'Europe, en proie à des rivalités que le Congrès de Berlin, bien qu'il se fût flatté de les éteindre, laissait, malgré les apparences contraires, aussi vives qu'avant la signature du traité qui avait couronné ses travaux. Du reste de ces souvenirs nous ne retiendrons ici que ce qui est de nature à démontrer que le prince de Bismarck y trouva l'occasion de manifester envers la France les sentiments bienveillants dont le comte de Saint- Vallier à son arrivée à

Berlin avait recueilli les témoignages de la bouche du chancelier et de celle de l'empereur. Ce n'était qu'un début dans la voie nouvelle où s'était engagée l'Allemagne envers la nation qu'elle avait vaincue et spoHée en 1870. Autant il s'était montré défiant envers Gabriac, soupçonneux et même malveillant envers Gontaut- Biron, autant maintenant, il allait être tout miel et tout sucre envers Saint- Vallier.

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